Inégalités et cerveau : les plus précaires en première ligne
L’étude met également en évidence une vulnérabilité accrue chez certaines catégories de la population : les hommes et les personnes issues de milieux défavorisés sont particulièrement touchés. Pour ces groupes, les effets délétères du confinement et du stress semblent avoir laissé des marques plus profondes, accentuant des disparités déjà existantes.
Ce constat souligne le besoin urgent d’agir sur les déterminants sociaux de la santé mentale, d’autant plus que les mécanismes de résilience ou de récupération restent inconnus. À ce jour, il est impossible de dire si ce vieillissement cérébral est réversible, les chercheurs estimant qu’une évaluation à long terme – nécessitant une troisième IRM à plusieurs années d’écart – sera nécessaire.
Une méthodologie rigoureuse sur près de 1 000 cerveaux

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont d’abord entraîné un algorithme d’intelligence artificielle sur 15 000 IRM cérébrales afin d’estimer un “âge cérébral” indépendant de l’âge réel. Ils ont ensuite étudié les données de 996 volontaires de la UK Biobank, dont certains avaient passé deux IRM avant la pandémie, et d’autres une avant et une après.
L’écart entre l’âge cérébral estimé et l’âge chronologique a permis de quantifier le vieillissement prématuré. Ce modèle de mesure est de plus en plus utilisé dans les recherches sur les maladies neurodégénératives ou les traumatismes psychologiques.
Un signal d’alarme pour les futures crises sanitaires
Alors que la pandémie semble derrière nous, ses effets silencieux persistent. Cette étude rappelle que l’impact des crises sanitaires ne se mesure pas uniquement en nombre de morts ou de malades, mais aussi en dommages invisibles, profonds, parfois durables, infligés à nos esprits.
