Thomas Laval, avocat de la députée du Pas-de-Calais, a aussitôt annoncé un appel de cette décision, ce qui suspend son application. Cette suspension permet à Marine Le Pen de conserver temporairement son mandat départemental, dans l’attente d’un jugement en appel.
Dans une déclaration transmise à la presse, Me Laval dénonce une décision « injuste », qui prive sa cliente du droit de représenter ses électeurs, alors qu’elle demeure, selon lui, « présumée innocente » tant que son appel n’a pas été jugé. Il déplore également « une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit », évoquant le non-respect du contradictoire et certains engagements internationaux de la France.
Une affaire au retentissement national

Cette condamnation, rendue le 31 mars 2025, a provoqué un séisme au sein du Rassemblement national, d’autant plus qu’elle concerne directement le fonctionnement interne du parti entre 2004 et 2016. Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que Marine Le Pen était « au cœur » d’un système de détournement de 4,4 millions d’euros, mis en place pour rémunérer des cadres de son parti avec des fonds européens destinés à ses assistants parlementaires.
Elle conserve cependant son siège à l’Assemblée nationale, grâce à une jurisprudence qui distingue les mandats nationaux des mandats locaux. Cette situation paradoxale, où une élue inéligible peut siéger comme députée mais plus comme conseillère départementale, pose question sur l’articulation des différents statuts d’élu en cas de condamnation judiciaire.
