Les ministères de la Défense et de la Justice travaillent sur le dossier avec l’Institut national pénitentiaire et carcéral, l’Inpec. Le projet porterait le nom d’« Stratégie de détention maritime spéciale de haute sécurité », selon les informations rapportées par El País.
Cette appellation ne correspond toutefois pas encore à un dispositif opérationnel. Aucun navire n’a officiellement été désigné et les autorités n’ont communiqué ni calendrier précis, ni budget, ni capacité d’accueil. Le nombre de détenus susceptibles d’être transférés demeure également inconnu.
Des chefs criminels toujours actifs depuis leur cellule
Le gouvernement souhaite cibler en priorité des dirigeants de réseaux d’extorsion qui continueraient à transmettre des instructions malgré leur incarcération. L’utilisation clandestine de téléphones permet à certains prisonniers de maintenir leurs activités et de menacer des commerçants depuis leur cellule.
Le cas d’Ober Ricardo Martínez Gutiérrez, surnommé « El Negro Ober », est régulièrement cité pour illustrer ce problème. En mars 2023, des vidéos l’avaient montré utilisant des téléphones accessibles dans la prison de Palogordo pour proférer des menaces contre des commerçants.
Ces images avaient suscité une importante polémique en Colombie. Elles montraient que l’incarcération d’un responsable criminel ne suffisait pas toujours à interrompre ses liens avec son organisation. Le projet de navire-prison vise donc davantage à empêcher les communications qu’à simplement créer de nouvelles places de détention.
Les autorités n’ont pour le moment publié aucune liste de prisonniers concernés. Elles n’ont pas non plus précisé les moyens techniques qui seraient déployés pour bloquer les communications, assurer les visites des avocats et garantir l’accès aux soins.
Deux précédents remontent à 2007
L’utilisation de bâtiments militaires pour isoler des détenus n’est pas entièrement nouvelle en Colombie. En septembre 2007, sous la présidence d’Álvaro Uribe, deux importants responsables du narcotrafic et du paramilitarisme avaient été placés à bord de navires de la Marine.


