Dans un contexte de tensions autour du travail le 1er-Mai, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, relance le débat sur les jours fériés en France.

Elle propose d’instaurer une nouvelle journée chômée dédiée aux droits des femmes, tout en rappelant les lignes rouges syndicales concernant le travail lors de la fête des travailleurs.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a annoncé ce vendredi son intention de promouvoir l’instauration d’un jour férié supplémentaire en France, en prenant pour référence la journée internationale des droits des femmes. Invitée sur France 2, elle a souligné que le nombre de jours fériés en France reste inférieur à la moyenne observée au sein de l’Union européenne, avec 11 jours contre 12 dans les autres pays membres.
Dans cette perspective, la responsable syndicale plaide pour que le 8 mars devienne une date emblématique du calendrier social. Elle souhaite que cette journée soit reconnue comme un jour férié, chômé et rémunéré, sur le modèle du 1er-Mai, traditionnellement consacré à la fête du travail. Cette proposition s’inscrit dans une volonté de renforcer la visibilité des luttes pour les droits des femmes.
Un contexte marqué par le débat sur le 1er-Mai
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement s’apprête à faire des annonces concernant le travail des salariés dans certains secteurs le 1er-Mai, notamment dans les boulangeries et les commerces de fleurs. Une réunion entre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et les représentants de ces professions doit permettre de clarifier les orientations à venir.
Un projet de loi, soutenu par plusieurs forces politiques dont Renaissance, la droite et l’extrême droite, envisageait d’autoriser explicitement l’emploi de salariés dans certains commerces et établissements culturels lors du 1er-Mai. Cette initiative a toutefois suscité une opposition marquée de la part des organisations syndicales et des partis de gauche, conduisant l’exécutif à suspendre son examen.
Une position ferme sur le caractère exceptionnel du 1er-Mai

Sophie Binet a rappelé avec insistance les attentes des syndicats à l’égard du gouvernement. Elle exige le respect des engagements pris en faveur du maintien du caractère exceptionnel du 1er-Mai, qui doit rester un jour férié, chômé et rémunéré pour les salariés. Elle s’oppose à toute extension généralisée des dérogations permettant le travail ce jour-là.
La dirigeante syndicale met en garde contre une dérive progressive. Elle estime que l’ouverture de certains secteurs pourrait entraîner une généralisation difficilement contrôlable, remettant en cause l’équilibre actuel. Cette crainte s’appuie sur la possibilité d’un élargissement des exceptions à de nombreux autres commerces.
Des distinctions entre secteurs jugés essentiels
Dans ses déclarations, Sophie Binet a néanmoins introduit une nuance concernant certains métiers. Elle reconnaît l’utilité de maintenir l’activité des boulangeries le 1er-Mai, en raison de leur rôle dans la vie quotidienne. En revanche, elle se montre plus réservée concernant d’autres secteurs, comme celui des fleuristes.
Elle souligne que l’autorisation de faire travailler des salariés ce jour-là doit reposer sur un motif d’intérêt général, lié à la continuité de la vie sociale et économique. Selon elle, cette condition ne s’applique pas à toutes les activités, ce qui justifie une approche différenciée.
La crainte d’un élargissement incontrôlé

La responsable syndicale alerte sur les conséquences d’une ouverture progressive des dérogations. Elle évoque le risque d’un effet domino, où l’autorisation accordée à un secteur conduirait à des revendications similaires dans d’autres domaines, comme les jardineries, les boucheries ou les magasins de bricolage.
Dans ce contexte, elle insiste sur la nécessité de fixer des limites claires afin d’éviter une banalisation du travail le 1er-Mai. La défense de ce jour comme symbole des droits des travailleurs demeure, selon elle, un enjeu central.
Une priorité donnée à la question des salaires
Au-delà du débat sur les jours fériés, Sophie Binet a rappelé les priorités du mouvement syndical. Elle met en avant la nécessité d’augmenter les salaires, estimant que cette question doit être au cœur des discussions sociales actuelles.










