Une vidéo furtive, quelques secondes à peine, et une tempête médiatique s’abat sur les réseaux sociaux.

À la sortie d’une soirée très parisienne, une silhouette politique montante apparaît aux côtés d’une héritière aristocratique. Depuis, cette séquence nourrit fantasmes, critiques et interrogations, bien au-delà du simple fait divers mondain.
Le 13 janvier, à la sortie de la soirée célébrant les 200 ans du Le Figaro, une séquence filmée à la volée attire aussitôt l’attention. On y voit Jordan Bardella quitter le Grand Palais, sourire discret, aux côtés d’une jeune femme blonde. Ils montent dans la même voiture, un détail anodin en apparence, mais suffisant pour déclencher une vague de spéculations sur X, Instagram et TikTok.
Une identité rapidement dévoilée

Très vite, le nom de l’accompagnatrice circule : Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, 22 ans, héritière d’une lignée aristocratique parmi les plus anciennes d’Europe et influenceuse suivie par des centaines de milliers d’abonnés. Pour beaucoup, ce visage n’est pas inconnu, tant la jeune femme a déjà marqué l’imaginaire collectif bien avant cette apparition mondaine.
Le souvenir d’un passage télé devenu culte
Retour en 2018. Adolescente, Maria Carolina apparaît dans l’émission Ça commence aujourd’hui, accompagnée de sa mère et de sa sœur. Sur le plateau de Faustine Bollaert, sa spontanéité et sa candeur provoquent rires et étonnement, jusqu’à cette réponse devenue virale où elle explique se cacher derrière des arbres pour faire « bouh ». La séquence est massivement détournée et transforme la jeune princesse en mème Internet, une image moqueuse qui lui collera longtemps à la peau.
Les années passant, Maria Carolina a changé de registre. Elle s’est imposée comme influenceuse à part entière, multipliant collaborations dans la mode, voyages de luxe et invitations très sélectes. Sur Instagram, elle cultive une esthétique dite « old money », faite de bals, de robes couture et d’événements mondains, jusqu’aux avant-premières de séries à succès. Une manière assumée de transformer un passé moqué en capital symbolique.
Un timing politique qui interroge

Côté Jordan Bardella, cette apparition ne passe pas inaperçue. Au sein du Rassemblement national, la communication est réputée pour sa précision, et cette image survient à un moment clé. Alors que Marine Le Pen apparaît fragilisée, le président du RN s’affirme de plus en plus comme son successeur naturel. Mais cette proximité affichée avec une héritière ultra-privilégiée brouille son discours de porte-voix d’une France populaire éloignée des élites.
Un décalage souligné par les observateurs
Plusieurs analystes et journalistes, notamment au Le Monde, ont pointé ce contraste. Ils rappellent également que la famille Bourbon des Deux-Siciles a été citée dans des affaires financières, notamment dans le cadre des Paradise Papers, ravivant les critiques sur l’incohérence entre l’image politique revendiquée et les fréquentations affichées.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Certains cadres du RN dénoncent une “peopolisation” maladroite, d’autres évoquent un “mépris social” susceptible de nuire au message du parti. Pendant ce temps, Internet s’amuse, l’Italie s’emballe et Maria Carolina redevient, malgré elle, un symbole où se mêlent glamour, politique et souvenirs télévisés.










