Les derniers sondages confirment une dynamique éclatante : Jordan Bardella domine la campagne des européennes avec 33,5 % des intentions de vote, selon une enquête Ifop-Fiducial diffusée par LCI. Un score qui place largement le Rassemblement national devant la liste Renaissance menée par Valérie Hayer (16 %), elle-même talonnée par Raphaël Glucksmann (14 %). À l’inverse, Marion Maréchal, tête de liste de Reconquête !, peine à convaincre, stagnante à 6,5 %, à égalité avec Marie Toussaint pour les Écologistes.
Pour Jordan Bardella, cette avance est une preuve de légitimité politique, mais également une arme de pression. Dans Le Parisien du 30 mai, il annonce la couleur : « En cas de victoire, je demanderai la dissolution de l’Assemblée nationale. » Une déclaration qui en dit long sur les ambitions du jeune leader d’extrême droite, prêt à provoquer un bouleversement institutionnel majeur.
Le spectre d’un retour de Marion Maréchal au RN

Dans ce contexte, une question agite les observateurs : Marion Maréchal pourrait-elle revenir au RN en cas d’échec cuisant ? La réponse de Jordan Bardella est claire et sans détour : « Je ne crois pas. » Et il en précise les raisons : « Elle a fait le choix de quitter le RN et d’exprimer ses désaccords avec nous. »
Ce désaccord, Bardella le vit comme une forme de gâchis. Il regrette que Marion Maréchal consacre tant d’énergie à maintenir en vie un mouvement marginal, Reconquête !, alors que, selon lui, « le mouvement qui partage l’essentiel de ses idées est en capacité de gagner la prochaine présidentielle. » Une pique directe qui souligne l’inutilité perçue de la concurrence sur sa droite.
Une rupture familiale difficile à ignorer

L’opinion de Jordan Bardella trouve un écho du côté de Marine Le Pen, qui, sur le plateau de LCI le 29 mai, a tenu des propos similaires : « Ce sont des romans de journalistes. Je ne crois pas qu’elle puisse revenir. » Pour la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, la rupture date de la campagne présidentielle de 2022, lorsque Marion Maréchal avait quitté les rangs de son parti d’origine pour rejoindre Éric Zemmour.
