« Elle est tête de liste d’une formation concurrente. Nous nous combattons, tout en nous aimant beaucoup parce que c’est ma nièce », a-t-elle confié à Darius Rochebin, tentant de ménager le lien familial tout en affirmant une frontière politique infranchissable. La trahison semble encore fraîche, et Marine Le Pen n’entend pas se prêter à l’exercice de la réconciliation fictive : « Je ne fais pas de politique-fiction. »
L’ombre de l’abstention plane sur la campagne

Si Jordan Bardella caracole en tête des sondages, il n’en reste pas moins inquiet quant à la mobilisation réelle de son électorat le jour du vote. Il redoute un scénario dans lequel les électeurs séduits par ses discours resteraient finalement chez eux. Dans ce contexte, les 6,5 % de voix que recueille Marion Maréchal n’apparaissent plus comme anecdotiques. Une jonction entre les deux courants aurait pu offrir une base électorale encore plus solide, voire décisive.
Mais la réalité est toute autre : la droite radicale est aujourd’hui divisée, entre un Rassemblement national dominant et un Reconquête ! marginalisé. Jordan Bardella entend bien capitaliser sur cette situation pour s’imposer non seulement à Bruxelles, mais aussi comme prétendant sérieux à l’échéance présidentielle de 2027.
Une stratégie de conquête assumée

La ligne politique de Jordan Bardella ne laisse plus place au doute : il veut incarner la figure de proue de la droite souverainiste française. Fort d’un électorat jeune et mobilisé, d’un discours offensif et d’une position de leader incontesté au sein du RN, il construit méticuleusement son ascension vers les plus hautes sphères du pouvoir.
En excluant l’hypothèse d’un retour de Marion Maréchal, il affirme sa mainmise sur le camp national, refuse toute dispersion, et renforce une image d’autorité maîtrisée. À quelques jours du scrutin, c’est avec détermination qu’il trace sa route, sûr de sa légitimité, mais conscient que rien n’est jamais acquis dans une démocratie.
