Auteur de chansons devenues intemporelles, Jean-Jacques Goldman a façonné une part essentielle de la mémoire musicale française.

S’il s’est retiré de la scène depuis plusieurs années, son influence demeure intacte. Son départ des Enfoirés, en 2016, a marqué un tournant fort, révélateur de sa vision de l’engagement et de la transmission.
De Puisque tu pars à Envole-moi, en passant par Quand la musique est bonne ou Au bout de mes rêves, Jean-Jacques Goldman a aligné les succès avec une constance rare. Ses textes, à la fois accessibles et profonds, ont accompagné plusieurs générations, installant durablement l’artiste au sommet de la chanson française. Auteur, compositeur et interprète, il a su imposer une signature reconnaissable entre toutes, sans jamais céder aux effets de mode.
Un retrait progressif mais jamais un effacement
Depuis le début des années 2000, Jean-Jacques Goldman a choisi de se faire plus discret. Pas de nouvel album depuis 2001, peu d’apparitions médiatiques, et une vie partagée loin des projecteurs. Ce retrait volontaire n’a pourtant jamais altéré son aura, bien au contraire : il a renforcé l’image d’un artiste fidèle à ses valeurs, préférant le silence à la surexposition.

Une figure centrale de l’aventure des Enfoirés
Pendant près de trente ans, Goldman a été l’un des piliers des Les Enfoirés. Compositeur de l’hymne emblématique des Restos du Cœur, il a largement contribué à l’identité artistique et morale de la troupe. Son engagement dépassait la musique : il incarnait l’esprit même de la solidarité, donnant à chaque spectacle une cohérence et une exigence reconnues par tous.
La volonté assumée de passer le relais
S’il quitte officiellement les Enfoirés en mai 2016, ce n’est ni par lassitude ni par désintérêt. Dès 2015, dans une interview accordée à TF1, il expliquait sa démarche avec lucidité. Pour lui, l’enjeu principal était de préparer l’avenir, de laisser émerger de nouveaux talents capables de porter le projet avec fraîcheur et créativité, afin que “le miracle continue”.
Le poids des polémiques et l’usure du temps

Au fil des années, certaines controverses ont également pesé sur la troupe. La chanson Toute la vie, sortie en 2015, avait été accusée par certains d’être “anti-jeunes”, déclenchant de vifs débats. Ces critiques n’ont pas été étrangères à sa décision, comme l’a laissé entendre Patricia Kaas lors d’un entretien sur RFM à l’été 2016.
Une décision symbolique à un moment clé
Jean-Jacques Goldman a choisi un instant hautement symbolique pour annoncer son départ : l’année du 30ᵉ anniversaire de sa chanson pour les Restos du Cœur. À 65 ans, il estimait ne plus disposer de la modernité nécessaire pour piloter un spectacle d’une telle ampleur, préférant se retirer dignement plutôt que de s’accrocher à un rôle qu’il jugeait devoir renouveler.
Une porte jamais totalement refermée
Malgré ce retrait, l’artiste n’a jamais exclu l’idée d’un retour ponctuel. Il évoquait alors une pause, des voyages, une respiration nécessaire. Son message restait clair : s’il était invité un jour et s’il s’en sentait capable, il reviendrait avec plaisir, fidèle à cette humilité qui caractérise l’ensemble de son parcours.










