Les hommages se sont multipliés dès l’annonce de sa mort, comme autant de témoignages d’admiration et de tendresse. Philippe Corti, son DJ emblématique, a salué avec humour et émotion ce « dernier tour de passe-passe » : mourir le 14 juillet, « ça finira en feu d’artifice, comme sa vie ». De son côté, Laurent Baffie, avec qui il formait un duo implacable sur le plateau de Tout le monde en parle, a adressé une pensée directe et pudique : « Je pense à Audrey, à Manon, Ninon et Gaston, et surtout, je pense à toi… »
Christine Bravo : la mémoire d’une époque libre

Mais c’est sans doute Christine Bravo qui a livré l’hommage le plus vibrant et personnel, en évoquant le Thierry de ses débuts, celui des années Frou-frou. À travers une prose mélancolique et poétique, la journaliste a rappelé l’époque où ils n’étaient encore que des inconnus fougueux, fêtards et insouciants, partageant des nuits de bringue entre journalistes et artistes. Elle parle d’un Ardisson généreux, provocant mais profondément humain, de moments suspendus sur une plage corse, d’une époque joyeuse et flamboyante, « avec Roda-Gil, Gainsbourg et Lacroix » en toile de fond. Et elle conclut en remerciant Audrey, sa dernière compagne, « qui a ressuscité Thierry » ces dernières années.
Une figure médiatique devenue culte
Au-delà de ses formules acérées et de ses lunettes noires devenues signature, Thierry Ardisson laisse derrière lui une empreinte indélébile dans la culture télévisuelle française. Il a donné leurs lettres de noblesse aux formats d’interview, osé des mises en scène visuelles et sonores innovantes, et surtout, il a défendu une certaine idée du journalisme de plateau : libre, exigeant, spectaculaire. Avec lui, la télévision était un art du verbe, une chorégraphie millimétrée entre impertinence et élégance.
