Un tableau nuancé par des normes encore tenaces
Paradoxalement, neuf femmes sur dix se disent « épanouies » dans leur vie de couple, selon les chiffres bruts. Mais pour Léa Paolacci, chargée de l’étude, ce ressenti cache souvent des frustrations intériorisées et des concessions structurelles. « L’amour est remplacé par l’affection, puis par l’habitude. Une femme sur quatre reste avant tout pour des raisons pratiques. »
Ce maintien du lien conjugal s’explique aussi par des normes sociales encore profondément enracinées, qui valorisent l’engagement marital comme une réussite personnelle, et marginalisent l’idée de rupture, surtout après plusieurs années de vie commune.
En creux, cette étude met en lumière les mécanismes de dépendance qui façonnent encore la vie de nombreuses femmes mariées : dépendance économique, sociale, émotionnelle. Derrière l’apparente stabilité du mariage, se dissimule parfois un équilibre précaire, entretenu par la peur de tout perdre, plus que par le désir de rester.

