Au réveil, une sensation de bouche sèche s’impose souvent, comme un rappel discret des mécanismes nocturnes de notre organisme.

Si elle paraît anodine, cette impression peut révéler des causes variées, parfois bénignes, parfois médicales. Comprendre son origine permet d’adopter les bons gestes et d’éviter qu’elle ne s’installe durablement.
Se lever avec la bouche pâteuse est une expérience fréquente. Cette sensation s’explique principalement par la diminution naturelle de la production de salive pendant la nuit, combinée à une respiration souvent effectuée par la bouche. Lorsque le flux salivaire ralentit, la cavité buccale perd son humidification protectrice, ce qui accentue la perception de sécheresse au réveil.
Le Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’UFSBD (Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire), souligne que certaines catégories de patients sont plus exposées. Les personnes âgées, notamment, voient leurs glandes salivaires perdre en efficacité avec le temps, ce qui accentue ce phénomène.
Le syndrome de Gougerot-Sjögren : une maladie auto-immune invalidante
Au-delà des causes physiologiques, certaines pathologies peuvent expliquer une sécheresse buccale persistante. Le syndrome de Gougerot-Sjögren figure parmi les plus emblématiques. Cette affection auto-immune entraîne un dysfonctionnement des glandes salivaires et lacrymales, provoquant bouche et yeux secs.
Dans les formes sévères, la production de salive peut devenir quasi inexistante, rendant la parole et la mastication particulièrement difficiles. Les patients doivent alors recourir à des substituts salivaires, souvent sous forme de sprays, pour maintenir un minimum de confort au quotidien. Cette situation peut s’avérer très handicapante, tant sur le plan fonctionnel que social.

Glossodynie : quand la douleur s’invite après la ménopause
Autre trouble évoqué par les spécialistes : la glossodynie, également appelée syndrome de la bouche brûlante ou de la langue de feu. Cette affection survient fréquemment après la ménopause et se manifeste par des sensations de brûlure localisées à la pointe ou sur les bords de la langue.
Aucune cause organique claire n’a été identifiée à ce jour, ce qui complique sa prise en charge. Bien que considérée comme d’origine somatique, cette pathologie n’en demeure pas moins douloureuse et difficile à vivre pour les patientes concernées. L’absence d’explication tangible peut parfois renforcer l’incompréhension autour de leurs symptômes.
Médicaments et maladies : des facteurs aggravants fréquents
La bouche sèche peut également résulter de traitements médicamenteux. Certains antihistaminiques, décongestionnants, antalgiques, diurétiques, antihypertenseurs ou antidépresseurs figurent parmi les molécules susceptibles de réduire le flux salivaire.
Par ailleurs, des pathologies chroniques comme le diabète, la maladie de Hodgkin, la maladie de Parkinson ou le VIH/SIDA sont aussi associées à ce symptôme. Les traitements lourds, tels que la chimiothérapie ou la radiothérapie, altèrent également les glandes salivaires. Le tabagisme, quant à lui, accentue la sensation de sécheresse et fragilise l’équilibre buccal.
Les gestes simples pour soulager la bouche sèche

Lorsque la sécheresse buccale n’est pas liée à une affection médicale, des solutions simples peuvent suffire. Boire un grand verre d’eau dès le réveil permet de réhydrater rapidement la cavité buccale.
Autre alternative efficace : mâcher des chewing-gums sans sucre stimule mécaniquement les glandes salivaires. La mastication envoie un signal au cerveau, qui déclenche la production de salive et amorce la première phase de la digestion grâce aux amylases salivaires. Ce réflexe naturel contribue à atténuer l’inconfort.
Certains ajustements du quotidien peuvent également faire la différence. Il est recommandé de limiter les boissons riches en caféine, comme le café, le thé ou certaines sodas, susceptibles de diminuer la salivation. Les aliments très épicés peuvent aussi intensifier la sensation de sécheresse.
Un air trop sec dans la chambre favorise l’inconfort nocturne : l’utilisation d’un humidificateur peut alors s’avérer bénéfique. Enfin, effectuer le soir des gargarismes avec un verre d’eau additionné d’une cuillère à café de bicarbonate de sodium aide à neutraliser l’acidité et à apaiser la muqueuse buccale.










