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27 juillet 2026

Italie : Et si le secret de Giorgia Meloni, après trois ans au pouvoir, était tout simplement de « n’avoir rien fait » ?

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Entre prudence stratégique, virage pragmatique et absence de grandes réformes, la cheffe de Fratelli d’Italia s’impose comme un paradoxe politique : solide, mais sans véritable cap.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, Giorgia Meloni a su déjouer les pronostics. Beaucoup la redoutaient comme une dirigeante trop radicale pour durer, mais elle a choisi la continuité plutôt que la rupture. Ancienne eurosceptique, elle s’est muée en partenaire fiable de Bruxelles et de l’Otan, soutenant fermement l’Ukraine et défendant les intérêts économiques de la péninsule.
Les observateurs saluent cette stratégie d’apaisement : « Elle a fait exactement l’inverse de ce qu’elle promettait pendant sa campagne », résume le journaliste Paolo Levi. Une posture qui lui a permis d’éviter les tempêtes politiques qui ont emporté ses prédécesseurs.

Une gestion sans éclat, mais sans crise

Sous son mandat, l’Italie a connu une stabilité économique inattendue : la Bourse a doublé de valeur, le chômage est passé sous les 6 %, et le déficit public s’allège. Ces résultats tiennent toutefois davantage aux réformes engagées par les gouvernements précédents qu’à de nouvelles initiatives. « Elle récolte les fruits d’une décennie d’efforts », note Paolo Levi, « mais sans véritablement semer pour l’avenir ».


Giorgia Meloni s’est surtout gardée de bouleverser l’équilibre économique et social, poursuivant les réformes de Mario Draghi, notamment sur les retraites et la rigueur budgétaire. Cette approche prudente rassure les marchés, mais laisse planer une impression de politique « en pilotage automatique ».

Une gouvernance sans projet structurant

Si la cheffe du gouvernement a gagné en crédibilité, les économistes dénoncent l’absence de vision à long terme. Francesco Saraceno (OFCE) critique une « politique sans cap clair », manquant d’ambition pour la transition écologique, l’innovation et la relance industrielle.
La suppression de certaines aides emblématiques — comme le revenu de citoyenneté ou le super bonus énergétique — illustre, selon lui, une volonté d’austérité plus qu’une stratégie de réforme. « Elle a stabilisé le pays, mais sans lui donner une direction. Une fois le plan européen terminé, il n’y a plus de moteur. »

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