Une décision du gouvernement motivée par la protection des enfants, mais qui suscite déjà la colère des buralistes, dénonçant une mesure liberticide et purement symbolique. Le débat est lancé. La ministre de la Santé a annoncé jeudi une nouvelle interdiction de fumer dans plusieurs lieux publics en plein air, à partir du 1er juillet prochain. Cette mesure concerne les plages, les parcs et jardins publics, les abords d’écoles, les abris de bus et les équipements sportifs. L’objectif affiché : protéger les enfants du tabagisme passif et les éloigner de l’influence de la cigarette dès leur plus jeune âge. « Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître », a justifié la ministre.
Les contrevenants s’exposeront à une amende forfaitaire de 135 euros. Cette nouvelle restriction s’inscrit dans une politique de santé publique plus globale visant à dénormaliser le tabac dans les espaces de vie commune, au nom de la prévention.
Une levée de boucliers du côté des buralistes

Mais cette décision gouvernementale passe mal chez les buralistes, en particulier en Pays catalan, où la grogne est vive. Rémi Ferrec, président de la Fédération des buralistes des Pyrénées-Orientales, parle ouvertement de “privation de liberté” et de “harcèlement”. Pour lui, la mesure est inutile : « Cela n’aura aucun effet sur ceux qui prennent plaisir à fumer », juge-t-il, avant de rappeler que les fumeurs ont déjà tendance à s’écarter naturellement dans les lieux publics pour ne pas déranger.
Quant à la pollution causée par les mégots, un autre argument souvent avancé pour justifier cette interdiction, il répond que “les cendriers de plage existent depuis longtemps”. Pour ce buraliste de Prades, le gouvernement cherche avant tout à soigner son image en multipliant les annonces : « Ce sont des effets de manche pour dire : ‘Regardez, je m’occupe de votre santé.’ »
Une fracture entre santé publique et liberté individuelle

