Derrière les cartes postales du Cap-Vert, une série de décès intrigue et inquiète. En trois mois, quatre touristes britanniques ont perdu la vie après des symptômes digestifs sévères.

Un faisceau d’indices renvoie à une bactérie méconnue du grand public : la shigella, au cœur d’une épidémie locale. Selon The Times, quatre Britanniques âgés de 54 à 64 ans sont décédés durant ou après un séjour au Cap-Vert. Le point commun : de violents maux de ventre apparus sur place, suivis d’une dégradation rapide de leur état malgré une prise en charge médicale locale.
Une première victime mal diagnostiquée

La première victime, une femme de 64 ans, a été opérée pour une appendicite qui n’existait pas. L’autopsie pratiquée au Royaume-Uni a conclu à une gastro-entérite associée à un arrêt cardiaque. Cette erreur de diagnostic a relancé les interrogations sur la qualité des soins et sur la nature réelle de l’infection contractée.
La piste d’une épidémie de shigellose
Ces décès coïncident avec une épidémie de shigellose, infection intestinale provoquée par la bactérie shigella. Elle entraîne diarrhées sévères, douleurs abdominales et déshydratation. Si la majorité des patients guérissent en quelques jours, la maladie peut devenir grave chez les personnes fragiles, ce qui était le cas des victimes.
Un précédent épisode sanitaire en 2022

Une flambée similaire avait déjà touché l’archipel en 2022, provoquant de nombreux cas et un décès parmi des touristes. Une plainte collective rassemblant près de 300 personnes vise d’ailleurs une chaîne de voyage et d’hôtellerie au Royaume-Uni. Ce précédent renforce le sentiment d’un problème sanitaire récurrent, insuffisamment maîtrisé.
Le Cap-Vert attire près d’un million de visiteurs par an, dont plus d’un tiers de Britanniques. Pourtant, le ministère britannique des Affaires étrangères avertit que les soins sur place sont « basiques et limités ». Ce décalage entre attractivité touristique et capacités sanitaires pose question face à ce type d’infection.










