
Dans ce contexte mouvant, la progression du Rassemblement national et la visibilité de Jordan Bardella interrogent jusque dans les rangs de l’ancienne majorité. Le compte à rebours est lancé. Avec la fin annoncée du second mandat d’Emmanuel Macron, la course à l’Élysée s’intensifie. Jamais le fauteuil présidentiel n’a semblé aussi accessible, tant l’Assemblée nationale apparaît fragmentée et les équilibres politiques instables. À ce stade, près d’une trentaine de prétendants, issus de tous les courants, s’emploient à occuper le terrain par des rencontres, des primaires ou des offensives médiatiques ciblées.
Le RN s’installe dans le paysage
Dans cette effervescence, le Rassemblement national tire son épingle du jeu. Longtemps cantonné à un vote de rejet, le RN semble désormais s’ancrer durablement dans les consciences, au-delà de la simple protestation. Une dynamique qui profite directement à son président, Jordan Bardella, dont l’image gagne en visibilité à mesure que le système politique traditionnel se délite.
Des chiffres qui marquent un tournant

Selon une vaste enquête de l’Institut Vérain réalisée pour Le Monde et L’Hémicycle, publiée le 11 janvier, 42 % des Français déclarent aujourd’hui partager les idées du RN. Un bond de 13 points par rapport à 2022. Plus frappant encore, 44 % estiment désormais que ce parti ne représente pas un danger, soit une baisse de 7 points en trois ans de la perception négative. Une évolution qui alimente débats et inquiétudes dans l’ensemble du champ politique.
François Hollande, un regard sévère
Invité de France Inter, François Hollande a livré une analyse sans concession de cette progression. Pour lui, la succession d’alternances et la longueur du mandat d’Emmanuel Macron ont créé un vide politique dans lequel le RN s’est engouffré. Il pointe également « l’idée de l’impuissance des démocraties », exploitée par les mouvements extrêmes pour faire croire à des solutions simples à des problèmes complexes.
