À l’approche de 2027, la scène politique française entre dans une phase de recomposition accélérée. L’horizon dégagé par le départ programmé d’Emmanuel Macron attise les ambitions, tandis que le morcellement parlementaire nourrit l’incertitude.

Dans ce contexte mouvant, la progression du Rassemblement national et la visibilité de Jordan Bardella interrogent jusque dans les rangs de l’ancienne majorité. Le compte à rebours est lancé. Avec la fin annoncée du second mandat d’Emmanuel Macron, la course à l’Élysée s’intensifie. Jamais le fauteuil présidentiel n’a semblé aussi accessible, tant l’Assemblée nationale apparaît fragmentée et les équilibres politiques instables. À ce stade, près d’une trentaine de prétendants, issus de tous les courants, s’emploient à occuper le terrain par des rencontres, des primaires ou des offensives médiatiques ciblées.
Le RN s’installe dans le paysage
Dans cette effervescence, le Rassemblement national tire son épingle du jeu. Longtemps cantonné à un vote de rejet, le RN semble désormais s’ancrer durablement dans les consciences, au-delà de la simple protestation. Une dynamique qui profite directement à son président, Jordan Bardella, dont l’image gagne en visibilité à mesure que le système politique traditionnel se délite.
Des chiffres qui marquent un tournant

Selon une vaste enquête de l’Institut Vérain réalisée pour Le Monde et L’Hémicycle, publiée le 11 janvier, 42 % des Français déclarent aujourd’hui partager les idées du RN. Un bond de 13 points par rapport à 2022. Plus frappant encore, 44 % estiment désormais que ce parti ne représente pas un danger, soit une baisse de 7 points en trois ans de la perception négative. Une évolution qui alimente débats et inquiétudes dans l’ensemble du champ politique.
François Hollande, un regard sévère
Invité de France Inter, François Hollande a livré une analyse sans concession de cette progression. Pour lui, la succession d’alternances et la longueur du mandat d’Emmanuel Macron ont créé un vide politique dans lequel le RN s’est engouffré. Il pointe également « l’idée de l’impuissance des démocraties », exploitée par les mouvements extrêmes pour faire croire à des solutions simples à des problèmes complexes.

Bardella, un succès d’image plus que de fond ?
L’ancien chef de l’État va plus loin, évoquant une forme de dépolitisation et d’indifférence chez une partie des électeurs séduits par Jordan Bardella. Selon François Hollande, beaucoup ignorent l’histoire et les thèses du RN, se contentant d’une image jugée plus jeune et plus sympathique. Il dénonce une “incompétence reconnue” et une méconnaissance de la réalité sociale, comparant même cette situation à l’aveuglement qui entourait Emmanuel Macron en 2017.
« On n’a jamais essayé le RN » : un argument démonté
François Hollande s’attaque enfin à l’argument récurrent des partisans du RN, selon lequel le parti n’aurait jamais exercé le pouvoir. Pour lui, cette affirmation ne résiste pas à l’examen international. Il cite l’exemple de Donald Trump, qu’il présente comme une déclinaison des thèses du RN aux États-Unis, ou encore Viktor Orbán en Hongrie. Autant d’expériences qu’il juge synonymes d’atteintes aux libertés et d’alliances contestées, notamment avec la Russie.










