Le recueillement ne fait pas taire les interrogations. À Crans-Montana, l’hommage rendu aux victimes de l’incendie du Nouvel An s’est accompagné de révélations troublantes.

Alors que la douleur demeure vive, des témoignages d’anciens salariés viennent aujourd’hui nourrir de sérieux doutes sur les conditions de sécurité du bar Le Constellation.
Ce dimanche 4 janvier 2025, dès la matinée, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la chapelle de la station de Crans-Montana. Dans un silence chargé d’émotion, familles, proches et anonymes ont rendu hommage aux victimes de l’incendie survenu dans la nuit du Nouvel An. Mais derrière le recueillement, une même question hantait les esprits : comment un tel drame a-t-il pu se produire dans un établissement censé accueillir du public en toute sécurité ?
Une parole qui glace le sang à la télévision
Le même jour, un témoignage diffusé sur BFMTV a provoqué un véritable choc. Sarah, ancienne employée du bar Le Constellation, est sortie du silence pour décrire ce qu’elle affirme avoir vécu durant sa période de travail. Selon elle, l’issue de secours était régulièrement verrouillée lorsque le bar accueillait des clients, une affirmation lourde de conséquences alors que l’enquête judiciaire cherche à établir d’éventuelles négligences humaines.
Une sortie de secours fermée à clé

Interrogée en direct, l’ex-salariée a été poussée à préciser ses propos. Était-elle certaine que cette porte restait fermée pendant les soirées ? Sa réponse n’a laissé place à aucune ambiguïté. La porte de secours, explique-t-elle, donnait directement sur le bâtiment et restait verrouillée, y compris lorsque l’établissement était plein. Elle raconte même devoir utiliser une clé pour passer par cette issue lorsqu’elle rentrait chez elle, signe que cette porte n’était pas conçue pour une évacuation d’urgence.
Des consignes strictes imposées au personnel
Face à l’insistance du journaliste, Sarah a également évoqué les directives données par la direction. L’ouverture de cette porte était-elle autorisée en cas de danger ? La réponse est sans appel : le personnel avait interdiction de l’ouvrir, sauf pour des raisons très précises et personnelles. Elle affirme avoir été la seule à l’utiliser, car elle résidait dans le bâtiment, laissant entendre que cette issue n’était jamais envisagée comme un moyen de fuite pour la clientèle.
Des révélations aux conséquences potentiellement majeures

Ces déclarations surviennent alors que la justice suisse intensifie ses investigations. Les enquêteurs tentent de comprendre la rapidité de l’embrasement et les conditions d’évacuation dans ce sous-sol bondé. Si les propos de l’ancienne employée étaient confirmés, ils pourraient profondément bouleverser l’analyse du drame, en mettant en cause le respect des règles élémentaires de sécurité.
Une enquête qui s’oriente vers des défaillances
À ce stade, la piste criminelle a été écartée, mais les soupçons se concentrent désormais sur les installations du bar et les pratiques internes. La question des issues de secours, essentielle en cas de panique, apparaît comme un point central. La justice devra déterminer si des manquements connus ont été tolérés, et si ceux-ci ont contribué à l’ampleur du bilan humain.










