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28 juillet 2026

Incendie de Crans-Montana : Pourquoi les victimes ont filmé au lieu de fuir ? A cause du « biais de normalité »

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Mais derrière ces réactions jugées déroutantes se cache un mécanisme psychologique bien connu, loin des caricatures générationnelles. Dans les heures suivant l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, les réseaux sociaux se sont embrasés. Les images diffusées montrent des jeunes continuant à chanter ou à danser alors que le feu progresse rapidement au plafond, tandis que d’autres filment la scène avec leur smartphone. Pour beaucoup, ces vidéos sont devenues le symbole d’une génération accusée d’indifférence, préférant capter des images plutôt que mesurer le danger imminent.

Une lecture morale et générationnelle contestée

Très vite, les commentaires se sont durcis. Certains ont dénoncé une jeunesse « scotchée à son écran », incapable de réagir face à l’urgence. D’autres ont affirmé qu’ils auraient, à leur place, fui immédiatement ou tenté d’éteindre les flammes. Cette grille de lecture morale, largement partagée, repose toutefois sur une interprétation simpliste, qui ignore les mécanismes cognitifs à l’œuvre dans les situations de danger extrême.

Le « biais de normalité », un réflexe humain

Cinq jours après le drame, qui a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés, une autre analyse a émergé. La psychothérapeute Anissa Ali évoque le « biais de normalité », un phénomène bien documenté en psychologie. Il s’agit d’un réflexe qui pousse le cerveau à interpréter un signal inquiétant comme quelque chose de déjà connu, donc non dangereux, tant que la menace n’est pas clairement identifiée.

Quand le cerveau minimise le danger

Face à un feu naissant, encore ambigu, les personnes présentes ont pu se convaincre qu’il s’agissait d’un incident passager. Non par bêtise ou inconscience, mais parce que le cerveau humain cherche avant tout la continuité, explique la spécialiste. Autrement dit, il tente de préserver un sentiment de normalité, quitte à sous-estimer des signaux pourtant alarmants.

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