Dans la nuit du 31 décembre, la station alpine de Crans-Montana célébrait le passage à la nouvelle année.

Au sous-sol du bar Le Constellation, la fête battait son plein lorsque, en moins de deux minutes, une soirée festive s’est transformée en catastrophe. Les images de vidéosurveillance, minutieusement analysées par les enquêteurs, permettent aujourd’hui de reconstituer seconde par seconde le début de l’incendie qui a coûté la vie à des dizaines de personnes.
Au moment des faits, l’établissement Le Constellation est particulièrement animé. Situé dans la station de Crans-Montana, le bar accueille cette nuit-là 164 personnes, principalement rassemblées dans l’espace festif aménagé au sous-sol. Ce chiffre a été établi par les enquêteurs après un long travail d’analyse des images de vidéosurveillance, permettant de retracer avec précision la chronologie du drame.
Selon le rapport judiciaire révélé par plusieurs médias, l’ambiance est encore festive vers 1 h 20 du matin. La musique résonne à plein volume tandis que les clients profitent de la soirée du Nouvel An.
À 01 h 20 min 36 s, Jessica Moretti, l’une des propriétaires du bar, monte au rez-de-chaussée afin de rejoindre la serveuse Cyane Panine ainsi qu’une amie de celle-ci. Toutes trois redescendent ensuite au sous-sol pour apporter des bouteilles à une table de clients, ignorant que quelques minutes plus tard la situation deviendrait tragique.
Le début d’une parade festive

Quelques minutes plus tard, l’ambiance reste joyeuse et insouciante. À 01 h 23 min 38 s, Cyane Panine participe à une animation improvisée. Elle enfile un casque de déguisement et grimpe sur les épaules de son collègue Matthieu Aubrun.
Avec plusieurs autres personnes, elle entame alors une petite parade festive au milieu du bar, des bouteilles surmontées de bougies allumées à la main. La scène illustre l’atmosphère festive qui règne encore à ce moment-là, quelques minutes avant que la situation ne bascule.
Les premières gouttes de feu
À 01 h 26 min 58 s, les images captent un détail inquiétant. Des gouttes commencent à tomber du plafond. Il ne s’agit pas d’eau ni de condensation, mais de fragments enflammés de mousse isolante.
Deux secondes plus tard, un client remarque ces particules de feu et les pointe du doigt. Les enquêteurs décrivent alors une lumière qui s’intensifie progressivement tandis que le nombre de fragments enflammés tombant du plafond augmente.
Parmi les premiers à réagir figure le vigile Stefan Ivanovic. En apercevant la situation, il se met immédiatement à courir pour comprendre l’origine du feu. Le DJ de l’établissement, Mateo Lesguer, le suit afin de tenter de trouver une solution.
Un client retire alors son pull et tente d’éteindre les flammes en frappant le plafond. La scène, filmée par plusieurs téléphones portables, montre que la musique continue de résonner très fort, ce qui retarde probablement la prise de conscience collective du danger.
À ce moment-là, le feu a commencé depuis seulement 17 secondes.
Les premières tentatives pour maîtriser l’incendie

À 01 h 27 min 34 s, Mateo Lesguer saisit un extincteur afin d’essayer de contenir les flammes. Mais la situation se détériore très rapidement. La fumée envahit progressivement la salle et devient de plus en plus dense, tandis que les clients commencent à chercher une issue.
Le vigile Stefan Ivanovic fait de grands gestes pour inciter la foule à évacuer. Les images montrent des mouvements de panique naissants, avec des clients qui se bousculent légèrement pour rejoindre l’escalier menant à la sortie.
Ni le DJ ni le vigile n’apparaîtront ensuite sur les images. Tous deux figurent parmi les victimes décédées de la catastrophe. Ils ont perdu la vie en tentant d’aider les clients à évacuer les lieux.
Une propagation fulgurante des flammes
À 01 h 27 min 47 s, le flot de personnes qui emprunte les escaliers pour quitter le sous-sol devient continu. La fumée gagne rapidement en épaisseur et réduit fortement la visibilité.
Moins de dix secondes plus tard, à 01 h 27 min 55 s, les enquêteurs constatent que les fumées deviennent opaques et que des flammes apparaissent à travers celles-ci. En à peine une minute après le départ de feu, l’incendie s’est déjà propagé de manière dramatique.
À l’étage, la situation se complique encore davantage. Les personnes qui remontent des escaliers tentent de sortir par une porte vitrée, mais celle-ci n’est ouverte que partiellement. Dans le même temps, certains clients qui ignorent encore la situation cherchent à entrer dans l’établissement.
Une évacuation entravée par la panique
Cette situation provoque un embouteillage humain entre l’escalier et la sortie. Les images décrivent des personnes qui s’agglutinent tandis que la fumée envahit rapidement l’espace.
À 01 h 28 min 14 s, les enquêteurs notent que les flammes commencent à sortir de l’escalier menant au sous-sol. Quelques secondes plus tard, certaines personnes émergent de l’escalier avec leurs vêtements en feu, illustrant la violence extrême du sinistre.
À 01 h 28 min 30 s, soit 92 secondes après le début de l’incendie, l’image des caméras se fige puis disparaît. Les systèmes de vidéosurveillance cessent alors d’être exploitables.
Le bilan humain est catastrophique. En moins de deux minutes, l’incendie provoque la mort de 41 personnes, tandis que 115 autres survivent mais souffrent de blessures parfois très graves.










