Deux décrets publiés au Journal officiel, et un signal politique clair : préserver l’Aide médicale d’État tout en durcissant ses contrôles.

Entre lutte contre la fraude, modernisation administrative et débats sur l’attractivité migratoire, le gouvernement tente un équilibre délicat. Le Premier ministre a paraphé deux décrets réformant l’Aide médicale d’État (AME). Le premier vise à renforcer la lutte contre la fraude dans les dossiers, tandis que le second modernise l’accès informatique des consulats et services concernés. Les textes ont été publiés ce dimanche au Journal officiel.
Conserver l’AME, mais la réformer
Dans un entretien à la presse quotidienne régionale, Sébastien Lecornu défend le maintien de l’AME, qu’il juge « indispensable d’un point de vue sanitaire ». Il affirme toutefois la nécessité de la réformer, afin d’en améliorer le contrôle et l’efficacité sans en modifier, pour l’instant, le contenu.
Le « panier de soins » inchangé à ce stade

Le gouvernement ne touche pas immédiatement aux prestations couvertes par l’AME. Le Premier ministre reconnaît qu’une réforme du « panier de soins » pourra être envisagée ultérieurement, mais les conditions ne seraient pas encore réunies pour le faire dans l’immédiat.
Un objectif d’économies estimé à 180 millions d’euros
Le décret renforçant les contrôles ambitionne de réaliser des économies évaluées à 180 millions d’euros grâce à une meilleure détection des fraudes. La modernisation des outils informatiques doit également faciliter le suivi des dossiers entre administrations et consulats.
Les critiques de Marine Le Pen

La présidente du Rassemblement national a vivement réagi, accusant le gouvernement de ne pas remettre en cause un dispositif qu’elle considère comme un facteur d’attractivité migratoire. Elle dénonce le maintien de titres de séjour pour soins dans un contexte de reste à charge croissant pour les Français.
Des pistes inspirées d’un rapport de 2023
Peu après son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu avait consulté les auteurs d’un rapport sur l’AME, dont Claude Evin et Patrick Stefanini. Ceux-ci préconisaient des ajustements sur certaines prestations et une prise en compte plus large des ressources du foyer du demandeur.










