Une simple publicité aperçue sur les réseaux sociaux peut parfois cacher un piège redoutable.

C’est ce qu’a découvert un ingénieur lyonnais de 50 ans, entraîné dans une escroquerie sophistiquée utilisant une vidéo truquée d’une célébrité. L’affaire illustre l’essor inquiétant des arnaques basées sur l’intelligence artificielle.
Tout commence en décembre 2022 lorsqu’un ingénieur vivant près de Lyon remarque une publicité circulant sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, l’acteur Jean Reno semble promouvoir une plateforme de trading promettant des profits rapides et accessibles.
Séduit par la présentation et convaincu par l’image rassurante de la star du cinéma français, l’homme décide de tenter l’expérience. Il investit une première somme modeste d’environ 200 euros pour tester la plateforme.
Ce qu’il ignore alors, c’est que la vidéo n’a jamais été tournée par l’acteur. Il s’agit en réalité d’un deepfake, une fausse vidéo générée grâce à l’intelligence artificielle, conçue pour donner l’illusion qu’une personnalité publique recommande le service.
Selon les informations rapportées par le quotidien Le Progrès le 11 mars, cette première étape marque le début d’un engrenage particulièrement coûteux pour la victime.
Un faux conseiller installe la confiance
Peu après son inscription sur la plateforme, l’ingénieur est contacté par téléphone par un homme se présentant comme conseiller financier. Celui-ci affirme s’appeler Laurent Bernaud et adopte un discours très professionnel, utilisant un vocabulaire technique autour du trading et des stratégies d’investissement.
Au fil des échanges, la relation dépasse le simple cadre commercial. Les conversations deviennent plus personnelles, abordant la famille, les projets de vie ou encore les ambitions financières.
Progressivement, la victime développe une véritable confiance envers son interlocuteur. Les chiffres affichés sur la plateforme semblent d’ailleurs confirmer les promesses faites.
Des gains virtuels qui encouragent à investir davantage

Au fil des semaines, le compte de l’ingénieur affiche des gains de plus en plus élevés. Les montants présentés sur la plateforme finissent par atteindre près de 500 000 euros, renforçant l’impression d’un investissement particulièrement rentable.
Encouragé par ces résultats apparents, l’homme décide d’augmenter progressivement ses placements. Les économies du foyer sont peu à peu transférées vers la plateforme.
L’objectif est clair : réaliser suffisamment de bénéfices pour améliorer le quotidien de sa famille, notamment en achetant une maison plus grande.
Mais derrière ces chiffres séduisants se cache une réalité bien différente.
Le moment où la fraude apparaît
La situation bascule lorsque l’ingénieur décide de retirer une partie de ses gains. La plateforme lui indique alors qu’une taxe supplémentaire doit être réglée avant tout retrait, une demande qui finit par éveiller ses soupçons.
Face à cette situation inhabituelle, il décide de vérifier l’existence réelle de la société auprès d’une véritable plateforme de trading.
La réponse est sans appel : la structure n’existe pas et les investissements réalisés ne correspondent à aucune opération réelle.
À cet instant, l’homme comprend qu’il a été victime d’une escroquerie élaborée.
Une famille profondément touchée

Au total, l’ingénieur estime avoir perdu environ 350 000 euros dans cette fraude. Cette perte financière a profondément bouleversé l’équilibre du foyer, obligeant la famille à revoir complètement son mode de vie.
Selon son témoignage, ils ont dû mettre leur maison en garantie et s’installer dans un logement beaucoup plus petit.
Les conditions de vie sont désormais plus difficiles : les enfants dorment dans le salon, faute d’espace suffisant dans le nouvel appartement.
Une plainte déposée, mais peu d’espoir de remboursement
La victime a décidé de déposer plainte afin de tenter d’identifier les responsables de cette fraude. Toutefois, les chances de récupérer l’argent restent très faibles, notamment lorsque les escrocs opèrent depuis l’étranger. L’ingénieur estime également que sa banque aurait pu détecter l’ampleur des transferts financiers effectués vers cette plateforme suspecte.
De son côté, l’établissement bancaire rappelle que le client avait signé un document mentionnant les risques liés aux investissements en ligne. Cette affaire illustre une tendance préoccupante : l’utilisation croissante de deepfakes mettant en scène des célébrités pour tromper les internautes.










