Une vidéo, deux millions de vues, puis une vague de solidarité. Quelques semaines plus tard, le silence d’une fin de soirée dans un quartier de Saint-Malo.

Le destin d’un ancien marin, brièvement remis en lumière, s’est refermé dans l’indifférence ordinaire de la rue. Jeudi 5 février, en début de soirée, Christophe Banastre, 58 ans, a été victime d’un malaise cardiaque à proximité de toilettes publiques dans le quartier de Saint-Servan. Les sapeurs-pompiers ont tenté de le réanimer, sans succès. Les autorités privilégient la piste d’une mort naturelle et ont ordonné un examen médical du corps.
Un visage devenu symbole sur les réseaux
Quelques semaines plus tôt, son témoignage filmé par le vidéaste Nicolas Leblanc avait bouleversé des milliers d’internautes. La vidéo, vue près de deux millions de fois, révélait le quotidien de cet ancien marin-pêcheur sans abri. Son histoire avait suscité un élan de solidarité rare, bien au-delà du cercle local.
Une vie entière passée en mer
Originaire de Cancale, Christophe Banastre avait embarqué dès l’âge de 15 ans. Pendant 37 ans, il avait navigué, notamment à bord du chalutier Joseph Roty. Une séparation, des dettes accumulées, puis la précarité : le passage de la mer à la rue s’est fait brutalement.

Une mobilisation qui n’a pas suffi
Après la diffusion de la vidéo, le monde maritime s’était mobilisé. Christophe avait passé une nuit sur le navire Émeraude, puis quelques jours à l’hôtel. Une cagnotte avait réuni près de 6 000 euros pour l’aider à se reloger. Malgré cette chaîne de solidarité, la situation n’a pas trouvé d’issue durable.
Le retour à la rue malgré une pension
Titulaire d’une retraite, il avait pourtant regagné la rue après ce court répit. Nicolas Leblanc a exprimé sa colère et sa tristesse, dénonçant un manque criant de solutions d’hébergement d’urgence dans la cité corsaire. Selon lui, 17 places d’urgence seulement seraient disponibles pour environ 150 personnes sans abri.
Refusant de voir dans cette disparition un simple fait divers, le vidéaste a parlé d’« échec collectif ». L’argent de la cagnotte servira désormais à financer les obsèques. Une solidarité qui arrive, cette fois, trop tard pour changer le cours des choses.










