Pour tenter d’y voir plus clair, le docteur Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré, analyse l’évolution actuelle. Selon lui, la courbe épidémique ressemble fortement à celle de l’an dernier, avec un rebond attendu après les fêtes et un pic étalé dans le temps. Toutefois, l’expérience internationale, notamment au Japon ou au Royaume-Uni, montre une prudence accrue des autorités, conséquence directe des ravages causés par la grippe l’hiver précédent.
La vaccination, principal rempart contre une crise majeure
Un élément majeur pourrait toutefois changer la donne. La couverture vaccinale atteint cette année un niveau inédit, avec 11,5 millions de doses administrées et plus de 60 % des personnes de plus de 65 ans vaccinées. Des chiffres qui dépassent même ceux observés en 2020, au cœur de la pandémie de Covid-19. Pour les spécialistes, cette mobilisation traduit une prise de conscience collective face à la dangerosité réelle de la grippe.
Un scénario plus modéré, proche de l’avant-Covid

Grâce à ces efforts, les experts estiment que la saison en cours pourrait être moins dramatique que la précédente. L’épidémie devrait se rapprocher d’un scénario comparable à celui de 2019, avec une intensité amortie par la vaccination et une meilleure anticipation des risques. Le pic est attendu entre le 25 décembre et le 1er janvier, une période jugée cruciale en raison des nombreux rassemblements familiaux.
Au-delà du vaccin, les autorités insistent sur l’importance des gestes barrières. Le port du masque reste essentiel, en particulier lorsqu’une personne est malade, car il est plus efficace pour limiter la transmission à la source que pour protéger une personne saine exposée à un aérosol. Les spécialistes encouragent fortement à se réapproprier ce réflexe, au moins jusqu’à la fin des vacances scolaires, période correspondant à la fin du pic épidémique.
Brassage intergénérationnel et vigilance accrue
Les fêtes de fin d’année représentent un moment à risque. Le brassage intergénérationnel augmente la probabilité de contamination des personnes les plus fragiles, notamment les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques. Dans ce contexte, chaque geste compte : limiter les contacts en cas de symptômes, espacer les convives et adapter son comportement selon son état de santé.
