À Lyon, la tension ne retombe pas après la mort de Quentin Deranque. Une marche d’hommage prévue ce samedi 21 février cristallise désormais les inquiétudes des autorités.

Entre appels à la retenue et craintes d’affrontements, la question de son interdiction est désormais posée. Face à ce qu’il qualifie de « risques avérés de troubles à l’ordre public », le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a officiellement saisi la préfecture pour demander que la marche prévue samedi ne soit pas autorisée. Selon l’édile, les éléments recueillis ces derniers jours laissent redouter un climat particulièrement tendu.
S’il reconnaît la légitimité d’un hommage rendu par les proches et les soutiens de la victime, il estime que l’appel à manifester dépasse désormais ce cadre initial.
Des propos qui inquiètent les autorités
Le rassemblement est organisé à l’initiative d’Aliette Espieux, fondatrice du collectif anti-avortement « Génération Pro-Vie », qui se présente comme une proche de Quentin Deranque. Ses déclarations récentes ont suscité l’attention.
Elle a notamment affirmé que « si justice n’est pas faite (…) on passera de la colère à la vengeance », des propos qui ont alimenté les craintes d’un débordement. Pour le maire et plusieurs responsables locaux, ces mots contribuent à un climat déjà inflammable.

La crainte d’une mobilisation d’ultradroite
Les services municipaux et préfectoraux redoutent la venue de militants d’extrême droite venus de différentes régions françaises, voire de pays frontaliers. Des commerçants et habitants du secteur auraient exprimé leurs inquiétudes quant à la tenue du rassemblement.
Selon Grégory Doucet, des appels à participation circulent au sein de réseaux d’extrême droite à l’échelle nationale et internationale, laissant planer le risque de violences. Plusieurs organisations ont annoncé leur présence, parmi lesquelles l’Action Française, Audace Lyon, Héritage Lyon ou encore Nemesis.
La participation annoncée d’Yvan Benedetti, ancien dirigeant d’un groupuscule pétainiste, est également considérée comme un point de vigilance particulier par les autorités.
Une contre-manifestation redoutée

En parallèle, des groupes d’ultragauche auraient relayé sur les réseaux sociaux des appels à une contre-manifestation non déclarée. La perspective d’un face-à-face entre mouvances antagonistes fait craindre de nouveaux affrontements, notamment dans un secteur jugé complexe à sécuriser.
Le parcours envisagé – de la place Jean-Jaurès jusqu’à la rue Victor Lagrange – traverse une zone située en contrebas d’une voie ferrée, ce qui complique la mise en place d’un dispositif de maintien de l’ordre efficace.
Une décision attendue de la préfecture
Entre 2 000 et 3 000 personnes pourraient se rassembler selon une source policière. La préfecture, qui se dit très préoccupée, examine actuellement les éléments de sécurité et n’exclut pas d’interdire la manifestation si le risque de trouble à l’ordre public est jugé trop élevé. Dans ce contexte tendu, les parents de Quentin Deranque ont appelé au calme et à la retenue, dénonçant toute forme de violence politique. Par la voix de leur avocat, ils ont indiqué qu’ils ne participeraient pas au rassemblement s’il devait être autorisé.










