
Face à Gilles Bouleau, le Premier ministre a voulu se montrer ferme, mais son intervention n’a pas vraiment séduit les téléspectateurs, qui ont décroché au fil de l’entretien. Pendant près de vingt minutes, François Bayrou a dû répondre aux questions sur le budget et le futur vote de confiance. « Confiance n’est pas le bon mot. Le vote qui va être émis est de savoir si les parlementaires partagent le constat », a-t-il insisté, cherchant à atténuer la portée symbolique de cette échéance. Mis en difficulté par Gilles Bouleau, qui lui rappelait les critiques sur sa méthode, le maire de Pau a répliqué sèchement : « Dites pas mais, il n’y a pas de mais. » Un échange qui illustre sa volonté d’imposer l’idée d’un effort collectif incontournable, malgré le scepticisme d’une partie de la classe politique.

Une fermeté affichée contre les opposants
Bayrou a martelé avoir tendu la main à ses adversaires en leur demandant de formuler des alternatives crédibles. « Pour le moment, je n’en ai pas entendu », a-t-il lancé, en pointant la gravité d’une situation économique qui, selon lui, « s’aggrave chaque année de manière insupportable ». Cette posture offensive visait à montrer sa détermination, à défaut de rallier de nouveaux soutiens, alors qu’Olivier Faure a déjà annoncé qu’il ne voterait pas la confiance.
Un entretien qui fait fuir les téléspectateurs

Sur le plan médiatique, le pari est loin d’être gagné. L’interview de François Bayrou a réuni en moyenne 5,38 millions de personnes, soit 30,9 % de part de marché, une performance en baisse par rapport à la veille. TF1 a même perdu 300 000 téléspectateurs pendant l’entretien : l’audience est passée de 5,61 millions (33,7 %) au début à 5,20 millions (28,5 %) en fin d’interview. Autrement dit, la fermeté affichée par le Premier ministre n’a pas retenu l’attention du public.
