Dans la salle d’audition, les micros captaient plus que des réponses : ils saisissaient une gêne palpable.

Une simple question sur les salaires a suffi à déplacer le débat vers un terrain explosif, celui de la transparence dans l’audiovisuel public financé par les contribuables.
Ce mercredi 28 janvier, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée à l’audiovisuel public recevait plusieurs dirigeants de France Télévisions. Très vite, l’échange a quitté les considérations éditoriales pour s’orienter vers une question hautement sensible : celle des rémunérations perçues par certains cadres du groupe.
La demande frontale du rapporteur

Le rapporteur de la commission, Charles Alloncle, a directement sollicité les responsables présents afin qu’ils révèlent publiquement leurs salaires. Pour l’élu, ces rémunérations étant intégralement financées par l’argent public, leur divulgation relèverait d’un impératif de transparence démocratique. Une requête qui a immédiatement crispé l’atmosphère dans la salle.
Un refus collectif de s’exposer publiquement
Face à cette demande, les cadres auditionnés ont opposé une fin de non-recevoir. Ils ont rappelé que ces données sont déjà consultables par les parlementaires via la “data-room” sécurisée, un dispositif permettant l’accès à des informations sensibles sans exposition publique. Selon eux, rendre ces montants publics n’apporterait rien au contrôle parlementaire déjà en place.
L’intervention mesurée de Nathalie Saint-Cricq

Parmi les personnes interrogées, Nathalie Saint-Cricq a également décliné la demande. La journaliste a tenu à rappeler son attachement au service public, affirmant ne pas exercer son métier par « appât du gain ». Une prise de parole qui se voulait apaisante mais qui n’a pas suffi à éteindre la polémique naissante.
Un débat ancien remis au centre de la scène
Cet épisode a ravivé une interrogation récurrente : jusqu’où doit aller la transparence des salaires dans les organismes publics ? Entre droit à l’information des citoyens et respect de la vie privée des salariés, la frontière apparaît de plus en plus délicate à tracer, surtout dans un contexte de tension budgétaire et de défiance vis-à-vis des institutions.
Au-delà des personnes concernées, c’est l’usage des fonds publics qui se retrouve au centre du débat. Les contribuables financent l’audiovisuel public et certains estiment légitime de connaître précisément la destination de cet argent, tandis que d’autres défendent la nécessité de préserver un cadre professionnel protégé de l’exposition médiatique.










