Au lendemain d’un drame d’une ampleur exceptionnelle, la station suisse de Crans-Montana se réveille meurtrie.

Entre recueillement, témoignages bouleversants et mobilisation internationale, les heures qui suivent l’incendie mortel dessinent le visage d’une communauté sous le choc, confrontée à la douleur, à l’attente et à l’incompréhension.
À Crans-Montana, la sidération domine. Les habitants, profondément marqués, affluent vers la cellule d’écoute psychologique mise en place au centre des congrès de la station. Familles endeuillées, proches de blessés, amis de disparus s’y succèdent pour tenter de mettre des mots sur l’indicible. Dans ce lieu devenu refuge, la parole se libère difficilement, tant le choc est brutal et encore trop récent.
Le traumatisme des témoins, entre culpabilité et impuissance

Parmi ceux qui ont vécu la nuit de l’intérieur, Nicolas, un habitant, confie son trouble persistant. “J’ai peur de fermer les yeux”, explique-t-il, hanté par les visages croisés au cœur du chaos. Il raconte avoir simplement aidé comme il le pouvait, sans formation, sans préparation, avec le sentiment douloureux de ne jamais en avoir fait assez. Son témoignage illustre l’impact psychologique durable laissé par ces scènes de panique.
Une station sous surveillance psychologique
Face à l’ampleur du traumatisme collectif, les autorités locales ont renforcé l’accompagnement. La cellule psychologique est désormais un point névralgique, où professionnels de santé et bénévoles tentent de soutenir une population encore sous le choc. L’objectif est clair : éviter que la détresse immédiate ne se transforme en souffrance durable, dans une station habituellement associée à l’insouciance et aux fêtes de fin d’année.
La solidarité internationale s’organise

Très vite, l’émotion dépasse les frontières suisses. La Pologne a proposé d’accueillir des blessés dans ses hôpitaux. Donald Tusk a annoncé être prêt à prendre en charge quatorze victimes nécessitant des soins spécialisés. Un geste qui s’inscrit dans un vaste mouvement de solidarité européenne, alors que le système hospitalier helvétique est fortement sollicité.
Les premières images du deuil
À Sion, à une trentaine de kilomètres de la station, les premiers corbillards sont arrivés dans un centre funéraire. Les dépouilles des victimes y sont acheminées, tandis que les procédures d’identification se poursuivent lentement. Ce ballet funèbre donne une dimension concrète et glaçante à un bilan déjà lourd : près de quarante morts et plus d’une centaine de blessés.
Une compassion venue du Vatican
Le drame a également suscité une réaction au plus haut niveau religieux. Léon XIV a exprimé “sa compassion et sa sollicitude” à l’égard des proches des victimes. Dans un message transmis par le cardinal Pietro Parolin à l’évêque de Sion, Jean-Marie Lovey, le pape assure prier pour les défunts et pour ceux qui luttent encore contre leurs blessures physiques ou morales.
Un sportif français gravement touché

Parmi les blessés figure Tahirys Dos Santos, jeune espoir du FC Metz, grièvement brûlé. Transféré en Allemagne, le joueur de 19 ans reste conscient mais souffre intensément, selon son agent Christophe Hutteau. Son état est jugé sérieux, ravivant l’inquiétude dans le monde du sport français.
L’inquiétude autour de jeunes disparus
Le drame touche aussi des adolescents. Plusieurs joueurs d’une équipe junior de Lutry se trouvaient dans le bar au moment de l’incendie. Certains n’ont toujours pas donné signe de vie, selon le président du club, alimentant l’angoisse des familles. Une attente insoutenable, partagée par de nombreux proches encore sans nouvelles.
Des témoignages insoutenables de rescapés

Sur les ondes de RTL, un adolescent rescapé raconte avoir échappé aux flammes de justesse. Les images qu’il décrit sont d’une violence extrême : corps brûlés, visages méconnaissables, panique totale. Sorti quelques secondes avant l’explosion, il mesure aujourd’hui combien le hasard lui a sauvé la vie.
L’origine du sinistre au cœur de l’enquête
Les autorités du canton du Valais privilégient la piste d’un embrasement généralisé. Des bougies étincelantes fixées sur des bouteilles de champagne seraient à l’origine du feu, selon les premières images analysées. Invité sur RTL, Stéphane Ganzer, chef de la sécurité cantonale, évoque des éléments “assez clairs”, tout en appelant à la prudence tant que l’enquête n’est pas achevée.










