Figure clivante du débat public, Éric Zemmour cristallise depuis des années tensions et indignations.

Face à lui, certaines personnalités du monde culturel ont choisi l’affrontement frontal, d’autres le silence stratégique. Omar Sy, lui, a très tôt opté pour une mise à distance assumée, refusant de nourrir ce qu’il considère comme une mécanique médiatique toxique.
Ancien candidat à l’élection présidentielle, Éric Zemmour s’est imposé dans le paysage médiatique par des prises de position répétées et provocatrices. Chacune de ses apparitions publiques suscite une réaction immédiate, parfois virulente, aussi bien dans le monde politique que culturel. En 2023, son passage dans Quelle époque avait ainsi donné lieu à un échange électrique avec Patrick Bruel, illustrant une fois de plus la polarisation extrême qu’il provoque.
Une hostilité ancienne avec Omar Sy
Mais Patrick Bruel n’est pas le seul à s’être opposé publiquement à Éric Zemmour. Omar Sy entretient, lui aussi, une relation de rejet assumée avec le polémiste. Tout remonte à 2017, lors d’une séquence diffusée dans C à vous sur France 5. L’animatrice Anne-Elisabeth Lemoine y relayait un extrait dans lequel l’acteur dénonçait des “guignols” diffusant du “vomi par milliers” en librairie, une critique visant implicitement certains discours de haine.

La réponse d’Éric Zemmour ne s’était pas fait attendre. Avec son ironie habituelle, le président de Reconquête avait lancé : « C’est toujours flatteur d’être traité de guignol par un guignol ». Une formule provocatrice de plus, destinée à relancer la controverse et à maintenir la confrontation sur le terrain médiatique.
Omar Sy refuse d’entrer dans le jeu
Quelques semaines plus tard, invité sur Europe 1, Omar Sy expliquait son choix de ne pas répondre frontalement. Il refusait délibérément de citer Éric Zemmour, estimant qu’une réaction ne ferait que renforcer sa visibilité. « Je n’ai pas envie de lui donner d’intérêt », confiait-il, dénonçant un système reposant sur la provocation permanente.
L’acteur analysait alors ce qu’il considère comme une stratégie bien rodée. Selon lui, la provocation appelle la réaction, qui entretient à son tour la notoriété médiatique. « Son système, c’est qu’il dit des choses pour qu’on reparle de lui », expliquait-il, reprochant aux médias de tomber, parfois malgré eux, dans ce piège. À ses yeux, chaque rediffusion, chaque commentaire prolonge un cycle sans fin.
Une condamnation rappelée sans détour

Omar Sy allait plus loin encore dans sa critique. Il rappelait qu’Éric Zemmour avait été condamné pour incitation à la haine, un élément qu’il jugeait trop souvent minimisé. « Il ne faut plus qu’il soit invité », affirmait-il, estimant que relayer ses propos revenait à légitimer un discours déjà sanctionné par la justice.
Au-delà de la personne de Zemmour, c’est le rôle des médias qu’Omar Sy interrogeait frontalement. Il exhortait les journalistes à mesurer l’impact de leurs choix éditoriaux, soulignant qu’associer son nom à celui du polémiste constituait, selon ses mots, « le pire qui puisse m’arriver ». Une mise en garde contre une confusion qu’il juge dégradante.










