Quinze ans après la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, l’ombre du suspect plane toujours sur l’une des affaires criminelles les plus énigmatiques de France.

Un ancien policier relance aujourd’hui une hypothèse audacieuse : celle d’une fuite organisée vers les États-Unis, avec l’appui de faux papiers obtenus dans le Var.
Depuis avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès demeure introuvable. Soupçonné d’avoir assassiné son épouse et ses quatre enfants à Nantes, il s’est volatilisé après avoir été filmé pour la dernière fois dans un hôtel Formule 1 à Roquebrune-sur-Argens. Quinze années d’investigations n’ont pas permis de lever le mystère, alimentant spéculations et théories concurrentes.
La thèse du suicide, longtemps évoquée, n’a jamais été étayée par une preuve formelle. L’absence de corps, malgré des recherches approfondies, entretient l’idée d’une fuite méthodiquement préparée.
L’hypothèse américaine relancée
Dans son ouvrage Xavier Dupont de Ligonnès : un flic au cœur de l’affaire, publié aux éditions Max Milo, l’ancien enquêteur Gilles Galloux avance une piste nouvelle. Spécialiste de la cybercriminalité et mobilisé dès 2011 dans la traque numérique du suspect, il estime que l’homme le plus recherché de France pourrait être vivant.

Invité dans l’émission L’Heure du Crime sur RTL, il a affirmé ne pas croire au suicide. Selon lui, Xavier Dupont de Ligonnès aurait eu le temps matériel d’organiser son départ, profitant d’un délai d’environ dix jours avant la découverte des corps et l’émission d’un avis de recherche.
La halte troublante à La Seyne-sur-Mer
L’un des points clés de cette théorie réside dans un passage à La Seyne-sur-Mer. Gilles Galloux soutient que le fugitif y aurait fait étape, dormant notamment dans un hôtel situé dans la zone industrielle des Playes. Pourquoi ce détour ? L’ancien policier évoque la possibilité d’un rendez-vous avec des connaissances locales.
La Seyne-sur-Mer aurait pu constituer un point stratégique pour se procurer de faux papiers, grâce à des intermédiaires spécialisés dans l’achat de véhicules à l’étranger et la falsification de documents. Un détail qui prend un relief particulier si l’on considère que Dupont de Ligonnès a vécu dans la région dans les années 1980 et 1990.
Un réseau discret, mais plausible ?

Selon Gilles Galloux, le suspect n’appartenait pas au milieu criminel organisé. Toutefois, des auditions menées à l’époque auraient laissé entendre qu’il connaissait des personnes capables de fournir de faux documents. L’ancien enquêteur reconnaît ne pas disposer de preuve formelle, mais estime que la coïncidence géographique mérite d’être examinée avec sérieux.
Cette hypothèse s’appuie également sur le profil méthodique du suspect, décrit comme réfléchi et organisé. Pour l’auteur, les indices laissés derrière lui pourraient relever d’une mise en scène destinée à orienter les recherches vers une issue fatale.
L’aéroport de Nice, porte de sortie idéale ?
Dans ce scénario, les faux papiers auraient permis à Dupont de Ligonnès de quitter discrètement le territoire français, possiblement via l’aéroport de Nice. Le délai de dix jours entre sa disparition et l’alerte officielle aurait constitué une fenêtre déterminante, laissant au fugitif le champ libre pour franchir les frontières.
Gilles Galloux va plus loin : il envisage que l’homme ait rejoint les États-Unis, pays qu’il connaissait et appréciait. Un séjour effectué dans les années 1990 avec un ami proche aurait nourri une fascination durable pour le « rêve américain ».










