Beaucoup étaient très instruites, formées à la danse et à la musique classiques, menaient une vie confortable et choisissaient elles-mêmes leurs partenaires sexuels. » Cette idée d’un esclavage sexuel plus ou moins sanctionné par la religion ne faisait pas partie du système originel de patronage « , explique à l’AFP l’historienne Gayathri Iyer.
Selon Iyer, au XIXe siècle, durant la période coloniale britannique, le pacte divin entre devadasi et déesse s’est transformé en une institution d’exploitation sexuelle. Aujourd’hui, elle sert de moyen aux familles appauvries du bas de la hiérarchie rigide des castes en Inde de se libérer de la responsabilité de leurs filles.
L’année dernière, la Commission indienne des droits humains a ordonné à l’État du Karnataka et à plusieurs autres États indiens d’exposer les mesures qu’ils prennent pour empêcher la pratique, après qu’une enquête menée par les médias a révélé que l’induction des Devadasi était encore très répandue.

La stigmatisation entourant leur passé signifie que les femmes qui quittent leur ordre Devadasi subissent souvent une vie de parias ou d’objets ridicules, et peu d’entre elles se marient. Beaucoup sont sans ressources ou luttent pour survivre avec des travaux manuels et agricoles mal payés.
Mme Jodatti dirige aujourd’hui un groupe de la société civile qui a contribué à libérer les femmes auxquelles l’AFP a parlé de leur vie de servitude et à aider les anciennes devadasis.
