
La France pourrait enregistrer en 2025 plus de décès que de naissances, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui l’a confirmé à l’AFP ce jeudi 24 juillet : « Un solde naturel négatif est de l’ordre du possible ». Bien que l’institution ne publie pas de prévisions précises, le basculement semble déjà amorcé, selon les données arrêtées fin mai : 651 000 décès contre 650 000 naissances sur douze mois glissants.
Chloé Tavan, cheffe de la division démographique de l’Insee, a qualifié cette évolution de « première », tout en soulignant que le phénomène était prévu… mais pas aussi tôt. L’inversion démographique était initialement envisagée autour de 2035. La baisse accélérée de la natalité, conjuguée à la hausse progressive des décès, en a décidé autrement.
Des naissances en berne, des décès en hausse

Le recul de la fécondité est le principal facteur de cette inversion inattendue. Entre janvier et mai 2025, les naissances ont chuté de 3,7 % par rapport à l’année précédente. Cette tendance s’explique par une série de facteurs déjà bien identifiés : précarité de l’emploi, défiance face à l’avenir, éco-anxiété, et évolution des aspirations familiales. Autant d’éléments qui refroidissent les projets parentaux, notamment chez les jeunes générations.
À l’inverse, le nombre de décès a augmenté de 3,5 % sur la même période. Rien de surprenant pour les démographes : les générations du baby-boom atteignent désormais les âges où la mortalité s’intensifie. Ce vieillissement naturel de la population alourdit mécaniquement le bilan démographique.
