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14 septembre 2026

En France, en Allemagne, aux Pays-Bas (mais pas en Espagne), le gazole à 3 euros n’est plus exclu

Une telle augmentation aurait d’importantes conséquences sociales. L’économiste Claudia Kemfert, directrice du département Énergie, Transports et Environnement de l’institut DIW Berlin, considère qu’un diesel approchant 3 euros et une essence autour de 2,50 euros provoqueraient un choc majeur pour le pouvoir d’achat. Les ménages aux revenus modestes, les habitants des territoires ruraux et les salariés dépendant quotidiennement de leur voiture seraient particulièrement exposés.

Les Pays-Bas se trouvent eux aussi proches de cette zone de prix. Début septembre, le tarif conseillé de l’Euro 95 y atteignait 2,666 euros le litre et celui du gazole 2,633 euros. Une essence premium avait même franchi la barre des 3 euros dans une station de l’autoroute A6.

La situation reste nettement différente en Espagne. Le 12 septembre, le SP-95 y était vendu en moyenne 1,864 euro le litre, contre 1,840 euro pour le gazole. Cet écart avec les autres grands marchés européens s’explique notamment par les mesures fiscales adoptées par Madrid, dont la réduction temporaire de la TVA sur les carburants de 21 % à 10 % et l’allègement de la taxe sur les hydrocarbures.

Jusqu’à 826 euros supplémentaires par an pour certains automobilistes

Pour les Français roulant au diesel, un passage à 3 euros aurait des conséquences immédiatement perceptibles. Un plein de 50 litres reviendrait à 150 euros, contre 115,60 euros avec un gazole à 2,312 euros. Chaque plein coûterait ainsi 34,40 euros supplémentaires.

Sur une année entière, l’écart deviendrait conséquent. Pour une voiture consommant 6 litres aux 100 kilomètres et parcourant 12 000 kilomètres par an, la facture annuelle passerait d’environ 1 665 à 2 160 euros, soit un surcoût de 495 euros. Cela représenterait un peu plus de 41 euros supplémentaires chaque mois.

Les automobilistes effectuant quotidiennement de longues distances seraient davantage pénalisés. Avec la même consommation et 20 000 kilomètres parcourus chaque année, la hausse atteindrait environ 826 euros par an, ce qui correspond à près de 69 euros supplémentaires chaque mois.

La flambée des carburants ne concernerait d’ailleurs pas uniquement les particuliers. Les transporteurs, agriculteurs et entreprises verraient également leurs coûts augmenter, avec un risque de répercussion sur les prix des marchandises, notamment alimentaires. Une augmentation durable des prix à la pompe pourrait ainsi exercer une nouvelle pression sur l’inflation, la consommation et l’activité économique.

Un pétrole à plus de 200 dollars pourrait conduire à ce scénario

Atteindre une moyenne nationale de 3 euros le litre en France nécessiterait cependant un nouveau choc considérable. Avec un gazole actuellement autour de 2,312 euros, il faudrait absorber une augmentation supplémentaire de près de 69 centimes par litre. Selon les calculs présentés, et à marges de raffinage et taux de change constants, cela correspondrait à un Brent situé autour de 210 à 220 dollars le baril.

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