À titre de comparaison, le pétrole Brent se situait autour de 107 dollars le baril lundi 14 septembre. Le scénario nécessaire pour atteindre mécaniquement les 3 euros supposerait donc presque un doublement de ce niveau. Le seuil pourrait néanmoins être atteint avec un pétrole moins coûteux si les marges de raffinage augmentaient fortement sous l’effet d’une pénurie de diesel.
La situation actuelle ne dépend en effet pas uniquement du prix du brut. Le marché du gazole connaît également des tensions spécifiques sur l’offre de produits raffinés. La Russie, deuxième exportateur mondial de diesel derrière les États-Unis, a prolongé jusqu’à la fin septembre son interdiction d’exporter. Dans le même temps, les capacités disponibles des raffineries restent limitées et les approvisionnements provenant du Moyen-Orient sont perturbés.
Les difficultés de navigation dans le détroit d’Ormuz, les tensions autour de Bab el-Mandeb et l’arrêt de l’oléoduc saoudien est-ouest compliquent encore davantage l’approvisionnement. L’Europe demeure particulièrement exposée à cette accumulation de perturbations puisqu’elle dépend structurellement des importations de gazole.
