Cette flambée commence désormais à avoir des conséquences mesurables sur la consommation. Philippe Casbas, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), a indiqué que la France venait d’enregistrer cinq mois consécutifs de recul de sa consommation de carburants, entre avril et août, une situation inédite. Sur l’ensemble de 2026, les volumes écoulés ont diminué de 5 % à 6 %. Pour le seul mois d’août, la baisse atteint 6,6 % sur un an et même 9,2 % concernant le gazole.
Pour le représentant du secteur, cette évolution montre notamment que la demande commence véritablement à réagir à l’augmentation des prix. Autrement dit, une partie des automobilistes adapte désormais ses déplacements ou sa consommation face au renchérissement du passage à la pompe.
Malgré cette situation, un carburant vendu 3 euros le litre ne constitue pas encore le scénario privilégié à très court terme. Philippe Casbas considère un tel niveau comme irréaliste dans les prochaines semaines. Il estime néanmoins que la prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait rendre possibles des évolutions jusqu’ici considérées comme très improbables.
La marche reste effectivement importante. Pour atteindre 3 euros, le gazole devrait encore augmenter de 68,8 centimes par litre en France, soit près de 30 %, tandis que le SP95-E10 devrait gagner 86,7 centimes, ce qui représente une hausse supérieure à 40 %. Des prix proches de ce seuil ont néanmoins déjà été constatés ponctuellement dans certaines stations indépendantes ou sur autoroute.
L’Allemagne et les Pays-Bas se rapprochent également des 3 euros

La France n’est pas le seul pays européen confronté à cette envolée. En Allemagne, le gazole atteignait en moyenne 2,404 euros le litre, soit seulement 4,3 centimes de moins que son record historique enregistré en avril. Le SP95-E10 s’établissait pour sa part à 2,273 euros.
La progression y a été particulièrement rapide : en seulement deux semaines, l’essence a augmenté de 12 centimes et le gazole de 20 centimes. Herbert Rabl, représentant du Groupement allemand des stations-service TIV, estime que les automobilistes doivent désormais envisager la possibilité de voir les carburants se rapprocher des 3 euros. Dans certaines stations d’autoroute, ce niveau serait même déjà atteint.
