Pour une grande partie de la population, le quotidien se résume désormais à jongler avec les dépenses. La classe populaire, par exemple, vit avec un revenu compris entre 1 100 € et 1 683 € par mois — des sommes à peine supérieures au Smic (1 426,30 €). À 1 122 €, on atteint le niveau de vie maximum des 10 % les plus pauvres, tandis que le seuil de pauvreté est fixé à 1 073 €. En dessous, les foyers sont considérés comme vivant dans la précarité. Concrètement, une famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans est jugée pauvre à partir de 1 395 € de revenus mensuels, tout comme un couple sans enfants percevant 1 610 €. Pour un couple avec un enfant, le seuil monte à 1 931 €, et à 2 683 € avec deux enfants adolescents.
Être pauvre ne veut pas dire vivre dans la rue
Contrairement aux idées reçues, la pauvreté en France ne rime pas forcément avec exclusion totale. De nombreux foyers modestes disposent d’un logement et d’un emploi, mais peinent à couvrir l’ensemble de leurs besoins. Les charges fixes — loyer, énergie, assurances — absorbent souvent la majorité du revenu. Le reste part dans l’alimentation, les vêtements, les transports ou les fournitures scolaires. Résultat : les loisirs, les soins dentaires, ou même le chauffage deviennent des arbitrages douloureux. De plus en plus de familles doivent recourir aux associations caritatives ou aux aides alimentaires pour boucler leurs fins de mois.
