Les années de surpâturage avaient progressivement rendu les terres compactes, pauvres en nutriments et difficiles à recoloniser. L’utilisation régulière du feu pour gérer les pâturages avait également contribué à leur dégradation, en perturbant les équilibres nécessaires au retour d’une végétation diversifiée.
La parcelle demeurait principalement couverte de graminées. Celles-ci occupaient l’espace disponible et limitaient l’installation d’arbustes et d’arbres. Dans ces conditions, la régénération naturelle de la forêt avançait très lentement, tandis qu’un programme classique de reboisement aurait exigé des moyens humains et financiers considérables.
Deux écologues américains, Daniel Janzen et Winnie Hallwachs, engagés depuis longtemps dans la préservation de Guanacaste, ont alors cherché une méthode de restauration à la fois simple et peu coûteuse. Leur réflexion les a conduits vers une ressource abondante dans la région : les résidus produits par l’industrie des agrumes.
Douze mille tonnes de résidus d’oranges déposées

Les chercheurs ont pris contact avec Del Oro, une entreprise spécialisée dans la transformation des agrumes. Ses activités généraient d’importantes quantités de pelures et de pulpe, des matières organiques dont le traitement et l’élimination représentaient une contrainte pour l’entreprise.
Le rapprochement répondait donc à deux besoins complémentaires. L’aire protégée disposait de terres fortement détériorées, tandis que Del Oro cherchait une solution pour ses déchets. Les résidus d’oranges pouvaient potentiellement servir d’amendement naturel, en apportant au sol de la matière organique et des éléments nutritifs.
Un accord a été conclu en 1997. En contrepartie de la cession de terres boisées à l’aire de conservation, Del Oro a obtenu l’autorisation de déposer gratuitement ses déchets d’agrumes sur une parcelle de pâturage dégradée.
