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31 août 2026
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En 1997, 12 000 tonnes d’écorces d’oranges ont été déversées sur des terres arides : 16 ans plus tard, une forêt tropicale a été découverte

L’année suivante, près de 1 000 chargements ont été acheminés par camion jusqu’au site. Au total, environ 12 000 tonnes de pelures et de pulpe ont recouvert près de trois hectares. L’épaisse couche de résidus contrastait alors fortement avec le pâturage environnant.

En se décomposant, cette masse organique devait enrichir le terrain. Elle avait également pour fonction de recouvrir les graminées dominantes et de freiner leur développement. La disparition progressive de cette végétation concurrente pouvait faciliter l’installation d’autres espèces, notamment des plantes ligneuses capables de participer à la reconstitution du couvert forestier.

Une expérience rapidement interrompue

Le projet n’a toutefois pas pu être poursuivi aussi longtemps que prévu. TicoFruit, une entreprise concurrente de Del Oro, a contesté l’accord conclu avec l’aire de conservation et saisi la justice costaricienne.

La société estimait que l’accumulation massive de résidus d’agrumes constituait une atteinte à l’environnement. La procédure judiciaire lui a donné raison, entraînant l’arrêt des nouveaux dépôts sur la parcelle expérimentale.

Après cette décision, le terrain a été largement abandonné à son évolution naturelle. Aucun vaste programme de plantation n’a été engagé pour remplacer l’expérience interrompue. Les milliers de tonnes de déchets déjà présents ont continué à se décomposer, sans apport supplémentaire et avec très peu d’intervention humaine.

Au fil du temps, les pelures et la pulpe se sont intégrées au sol. Les graminées qui dominaient auparavant la parcelle ont perdu du terrain, laissant davantage d’espace à d’autres végétaux. La régénération s’est ainsi poursuivie spontanément, alors même que le projet initial avait été stoppé.

La parcelle est ensuite restée à l’écart de l’attention scientifique pendant plusieurs années. Ce n’est qu’après une longue période que des chercheurs sont revenus sur les lieux afin de comparer son évolution avec celle d’une zone voisine n’ayant pas reçu de déchets d’oranges.

Une végétation profondément transformée après seize ans

Lors de cette nouvelle observation, réalisée seize ans après le dépôt des résidus, l’ancien pâturage avait radicalement changé d’apparence. Une végétation dense occupait désormais le site, là où le sol était autrefois appauvri et dominé par les herbes.

Les relevés effectués par les scientifiques ont mis en évidence une biomasse ligneuse aérienne supérieure de 176 % à celle mesurée sur la parcelle témoin voisine. Cet indicateur correspond à la quantité de matière végétale constituée notamment par les troncs, les branches et les autres parties aériennes des arbres et des arbustes.

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