Une photo, une indignation, puis un débat public. En partageant le plateau-repas d’une cantine maternelle, Michel Sarran a relancé la question sensible de la qualité alimentaire servie aux enfants.

Entre perception visuelle, contraintes budgétaires et cadre réglementaire, la polémique révèle des tensions bien réelles. Le chef Michel Sarran a publié la photo d’un plateau-repas présenté comme celui d’une élève de maternelle du 18ᵉ arrondissement de Paris. L’image, jugée peu appétissante, a immédiatement suscité de nombreuses réactions, le cuisinier dénonçant un manque d’attrait et s’interrogeant sur « l’éducation au goût » proposée aux enfants.
Un plateau jugé peu engageant visuellement
Sur la photo : un demi steak végétal, quelques morceaux de pomme oxydés, un petit morceau de fromage et une salade difficile à identifier. Michel Sarran déplore la présentation, estimant que l’envie de manger fait partie intégrante de l’apprentissage alimentaire chez les plus jeunes. Il précise que 50 grammes de lentilles accompagnaient le repas ce jour-là.
La mairie évoque un repas incomplet

L’adjoint en charge de la restauration scolaire, Gérald Briant, affirme que le plateau photographié ne reflète pas l’intégralité du menu. Selon lui, il manquait les lentilles et les carottes prévues au plat. Il insiste sur le fait que la photo ne montre pas l’ensemble du repas servi, ce qui en altère la perception.
Un menu conforme aux normes de la loi Égalim
D’après le menu consultable via la caisse des écoles, le repas du 19 janvier comprenait : fenouil vinaigrette aux agrumes, pané végétal avec lentilles et carottes, Cantal et fruit de saison. Les grammages sont encadrés par la loi Égalim, qui prévoit notamment 50 grammes de protéines pour les enfants de 4 à 6 ans.
Le rôle du prestataire Scolarest

La restauration de l’école Lamarck est assurée par Scolarest, qui livre les plats froids avant réchauffage sur place. Les menus sont élaborés plusieurs mois à l’avance avec une diététicienne et des représentants de parents d’élèves. Un processus pensé pour équilibrer nutrition, budget et organisation logistique.
Le budget annuel de l’arrondissement pour la restauration scolaire atteint 24 millions d’euros pour environ 12.000 repas quotidiens. Les denrées représenteraient 2,80 euros par enfant, tandis que les parents paient entre 0,13 et 7 euros selon leurs revenus. Cette contrainte financière pèse sur la qualité perçue des produits, selon Michel Sarran, habitué des partenariats en restauration collective.










