Ancien ouvrier, figure contestataire des présidentielles et désormais libraire à Bordeaux, Philippe Poutou s’invite une nouvelle fois dans l’arène politique locale.

À deux mois des municipales, il repart en campagne sous la bannière du NPA, avec la volonté assumée de prolonger six années d’opposition municipale. Philippe Poutou sera candidat à la mairie de Bordeaux lors des élections municipales de mars prochain, à la tête d’une liste portée par le Nouveau Parti anticapitaliste. L’annonce a été faite ce week-end à l’AFP par l’ancien candidat à trois présidentielles, qui revendique une continuité politique avec l’action menée depuis 2020 au sein du groupe d’opposition « Rouge Bordeaux Anticapitaliste ».
Dans sa déclaration, il précise vouloir rassembler autour de lui des profils syndicaux, associatifs et citoyens non encartés, dans une démarche militante clairement assumée. Une orientation fidèle à son parcours politique, construit depuis des années sur la contestation des institutions traditionnelles et la défense des luttes sociales.
Une expérience municipale déjà ancrée depuis 2020
Élu conseiller municipal d’opposition et conseiller métropolitain lors des municipales de 2020, Philippe Poutou avait alors intégré une coalition regroupant La France insoumise et plusieurs collectifs citoyens. Cette alliance avait recueilli 9,39 % des suffrages au second tour, lui permettant d’entrer pour la première fois dans l’enceinte municipale bordelaise.

Cette union de la gauche radicale appartient désormais au passé. Pour ces nouvelles élections, les forces d’extrême gauche partent en ordre dispersé, avec notamment une liste conduite par Nordine Raymond pour La France insoumise. Un contexte qui rendra la compétition plus fragmentée que lors du précédent scrutin.
D’ouvrier syndicaliste à libraire en centre-ville
Le parcours de Philippe Poutou demeure atypique dans le paysage politique français. Ancien ouvrier réparateur de machines-outils chez Ford à Blanquefort et représentant CGT, il s’était retrouvé au chômage après la fermeture du site en 2019. Il avait ensuite travaillé à mi-temps dans une société de cinéma tout en poursuivant son engagement politique.
Depuis le mois de mai, il a opéré un nouveau virage professionnel en ouvrant, avec sa compagne, une librairie baptisée « Les 400 coups » en plein cœur de Bordeaux. Un lieu qui symbolise à la fois une reconversion personnelle et un ancrage local renforcé, loin des seules tribunes nationales.
Un candidat habitué des scrutins nationaux

Philippe Poutou reste connu du grand public pour ses candidatures successives à l’élection présidentielle. Son meilleur score remonte à 2012 avec 1,15 % des voix, une performance modeste mais qui lui avait assuré une visibilité médiatique importante grâce à son franc-parler et son profil d’ouvrier engagé.
Plus récemment, lors des législatives de juin 2024 dans la première circonscription de l’Aude, il s’était présenté sous l’étiquette du Nouveau Front populaire. Parvenu au second tour, il avait finalement été battu par un candidat du Rassemblement national, confirmant sa présence régulière dans les grands rendez-vous électoraux.
Une course municipale déjà bien lancée à Bordeaux
La candidature de Philippe Poutou intervient dans un contexte politique local déjà animé. Le maire écologiste Pierre Hurmic, élu en 2020 après plus de soixante-dix ans de domination de la droite, a officialisé début janvier sa volonté de briguer un nouveau mandat.
Face à lui, plusieurs prétendants se positionnent : le député Renaissance Thomas Cazenave, qui conduit une liste d’union de la droite et du centre, l’économiste Philippe Dessertine, la députée européenne du RN Julie Rechagneux ainsi que Virginie Bonthoux Tournay pour Reconquête!.










