À 79 ans, Roselyne Bachelot n’a rien perdu de sa verve. Dans un livre autobiographique percutant, elle s’attaque à un sujet qu’elle juge longtemps étouffé : les violences sexuelles faites aux enfants et le silence des institutions.

Une parole frontale qui a récemment suscité de vives réactions. Ancienne ministre de la Culture, Roselyne Bachelot a publié en octobre 2025 Une omerta française. Secrets d’enfance. Un essai autobiographique engagé, dans lequel elle dénonce les mécanismes de silence qui ont, selon elle, protégé des agresseurs au détriment des victimes. L’ouvrage s’intéresse particulièrement au poids de l’omerta au sein de l’Église catholique, mais aussi, plus largement, dans la société française.
Une histoire personnelle à l’origine de l’engagement
Ce combat est nourri par un souvenir marquant de son enfance. Roselyne Bachelot raconte qu’une amie de sa mère s’est donné la mort après avoir été violée par un prêtre. Ce drame, longtemps resté enfoui, devient le point d’appui d’une réflexion plus large sur la manière dont les institutions ont pu, pendant des décennies, étouffer la parole des victimes.

Une prise de parole remarquée sur les réseaux sociaux
Dans une interview accordée à Melty, dont un extrait a circulé sur Instagram le 20 janvier, l’ancienne ministre s’en est prise très directement à un réalisateur célèbre, sans le nommer. Ses mots, particulièrement durs, ont immédiatement suscité des réactions, tant par leur tonalité que par le sujet abordé.
Le cinéma également visé par l’omerta
Roselyne Bachelot estime que le silence n’a pas concerné que les milieux religieux. Elle évoque aussi le monde du cinéma, où certaines affaires ont émergé ces dernières années, notamment à la faveur du mouvement #MeToo. Des actrices, parfois très jeunes au moment des faits, ont dénoncé des violences sexuelles longtemps tues.
Des propos jugés « irrecevables »

Évoquant le cas d’un réalisateur qui aurait qualifié une relation avec une très jeune actrice « d’histoire d’amour », Roselyne Bachelot réagit avec indignation. Pour elle, une telle justification est inacceptable, rappelant qu’il ne peut y avoir de consentement lorsqu’il s’agit d’enfants ou d’adolescents. Cette séquence, largement commentée en ligne, a été saluée par de nombreux internautes.
Un appel à repenser la protection des enfants
Au-delà de la polémique, Roselyne Bachelot insiste sur l’objectif de son livre : encourager la libération de la parole et renforcer la protection des mineurs. Elle plaide pour une prise de conscience collective et institutionnelle, afin que ces mécanismes de silence ne puissent plus se reproduire.










