Les obsèques, dont les détails ne sont pas encore rendus publics, devraient se tenir dans les jours à venir. Mais déjà, certains proches annoncent leur absence, comme Christine Bravo, figure bien connue du petit écran et ancienne protégée d’Ardisson.
Christine Bravo absente, mais pas insensible

Depuis la Corse où elle séjourne, Christine Bravo a tenu à expliquer pourquoi elle ne serait pas présente aux obsèques de celui qui fut à la fois son mentor, son producteur, et à un moment… son adversaire. « J’ai cru comprendre qu’il voulait être enterré dans le Sud, loin de l’agitation médiatique. Un des derniers paradoxes de ce grand Parisien », confie-t-elle au Parisien. Elle promet néanmoins de venir se recueillir régulièrement sur sa tombe, avec leur ami commun Philippe Thuillier, pour lui raconter « les piapias de la vie parisienne ».
Si son ton est affectueux, l’histoire entre Bravo et Ardisson n’a pourtant pas toujours été tendre. Leur collaboration sur l’émission culte Frou-Frou s’était mal terminée. Une brouille sur fond de divergences artistiques, et surtout de contrat mal ficelé. « Il voulait faire un journal Frou Frou, un peu trash, façon Entrevue. Je m’y suis opposée, il m’a écartée », raconte-t-elle.
Une trahison qui a marqué, un pardon accordé

Mais ce qui l’a le plus marquée, c’est une phrase que Thierry Ardisson lui aurait lancée après leur rupture professionnelle :
« C’est de ta faute Christine si on n’est plus amis. Si tu m’avais fait moins confiance. Tu aurais bétonné ton contrat. Et je n’aurais pas pu te trahir. »
Un aveu brutal, presque cynique, que l’animatrice n’a jamais oublié : « Cette phrase m’a traumatisée toute ma vie. Le pire, c’est que ce n’était pas faux. »
Malgré cette blessure, le pardon a fini par l’emporter, et les deux anciens complices s’étaient réconciliés avant la mort d’Ardisson. Un dernier échange, apaisé, qui clôt une relation faite de passion, de tension, mais aussi d’admiration réciproque.
Une pluie d’hommages à la télévision

La disparition de Thierry Ardisson ne laisse pas seulement ses proches en deuil. L’ensemble du paysage audiovisuel lui rend hommage. Deux grandes chaînes ont d’ores et déjà annoncé des programmes spéciaux :
France 2 diffusera une émission en prime time, le mardi 15 juillet, présentée par Stéphane Bern, pour retracer le parcours de celui qui a révolutionné l’art de l’interview.
TF1, quant à elle, proposera le lendemain, mercredi 16 juillet à 22h50, un documentaire signé Audrey Crespo-Mara, intime et personnel, pour revenir sur l’homme autant que sur le professionnel.
Ces deux hommages rappelleront aux téléspectateurs l’empreinte indélébile laissée par l’homme en noir, passé maître dans l’art de faire parler ses invités comme jamais. De Lunettes noires pour nuits blanches à Salut les Terriens, en passant par 93, Faubourg Saint-Honoré et L’Hôtel du Temps, il a imposé un style, un ton, et un regard unique sur son époque.
Loin des projecteurs, un dernier souhait respecté
Enfin, si Christine Bravo a raison, Thierry Ardisson aurait souhaité reposer dans le Sud, loin du bruit et des caméras. Un choix discret pour un homme dont l’image publique fut pourtant construite sur la lumière, les contrastes, les silences pesants et les mots qui dérangent.