
Dans un contexte politique explosif, entre menaces de censure et divisions internes, le Premier ministre a tenté de reprendre la main en annonçant la suspension de la réforme des retraites et une série de mesures économiques qui redessinent les priorités du gouvernement.
Dès le début de son discours, le Premier ministre a voulu rompre avec le style habituel des déclarations de politique générale, privilégiant un ton direct, tourné vers “l’action et le dialogue”. Lecornu a insisté sur la “nécessité d’agir sans attendre”, évoquant les urgences sanitaires, environnementales et économiques. Il a rappelé sa volonté de gouverner “sans 49.3”, promettant un débat ouvert sur les grandes réformes à venir, notamment le budget et la question sensible des retraites.
La réforme des retraites suspendue jusqu’en 2028
C’était l’annonce la plus attendue du jour. Sébastien Lecornu a officiellement annoncé la suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu’à l’élection présidentielle de 2028. “Aucun relèvement de l’âge ne sera appliqué à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028”, a-t-il déclaré, sous les applaudissements d’une partie de l’hémicycle, notamment du camp socialiste. La durée d’assurance restera fixée à 170 trimestres sur la même période.
Une “conférence sur les retraites et le travail” sera organisée dans les prochains mois pour aborder les sujets de la pénibilité, des carrières longues et de l’attractivité des métiers essentiels. Lecornu entend faire de cette suspension une “pause utile”, destinée à restaurer la confiance entre les partenaires sociaux et les parlementaires.
Un budget 2026 sous le signe de la rigueur et du rééquilibrage

Sur le plan économique, le Premier ministre a défendu un budget de “responsabilité et d’équilibre”, prévoyant environ 30 milliards d’euros d’économies — loin des 44 milliards envisagés sous François Bayrou. Ces économies reposent sur deux leviers : 17 milliards de réduction de dépenses publiques et 14 milliards de recettes supplémentaires, principalement via de nouvelles contributions ciblées. “Les dépenses de l’État baisseront en 2026, sauf pour la dette et la défense”, a-t-il précisé, annonçant une hausse de 6,7 milliards d’euros pour le budget militaire.
