L’envie d’abandonner… mais jamais jusqu’au bout

Ces dix années n’ont pas été un long fleuve tranquille. Pierre et Bloodi ont connu le découragement, la lassitude, parfois même l’envie de tout arrêter. “Ça a été dur, parfois on en avait marre”, admet Pierre. Mais il y a chez Renaud quelque chose qui désarme : une fragilité, une humanité brute, un charme écorché.
“Il est hypertouchant. On n’a pas envie de l’abandonner”, résume Pierre. Même quand les rechutes surviennent, même quand l’épuisement guette. Leur fidélité s’enracine dans une affection sincère, tissée de souvenirs partagés et de silences pleins de sens. Bloodi ajoute : “Parfois, il nous a eus à l’usure, notamment quand il rechutait.” Mais ils sont restés, parce qu’ils savent que sans eux, le chanteur serait sans défense.
Protéger un homme trop généreux

Renaud, malgré ses années et ses cicatrices, conserve une générosité intacte. Et c’est parfois cette qualité qui le rend vulnérable. “Il pourrait donner sa chemise à un riche”, ironise Bloodi. Une image forte pour illustrer combien l’artiste peut être naïf face aux profiteurs, attirés par sa notoriété ou sa bonté désarmante.
Leur mission, au-delà du soutien logistique ou affectif, est devenue une protection contre les abus. Dans l’intimité comme dans la sphère publique, ils veillent à ce que personne ne vienne tirer profit de la gentillesse de celui qui a chanté Mistral gagnant. Ils sont là pour éviter qu’on ne l’épuise, qu’on ne le trahisse encore.
