Après des affrontements violents à Lyon ayant conduit à la mort d’un étudiant de 23 ans, la présidente de l’Assemblée nationale a pris une mesure conservatoire visant un collaborateur parlementaire cité dans l’enquête.

Yaël Braun-Pivet a annoncé, dans un communiqué diffusé ce lundi 16 février, la suspension de l’accès à l’Assemblée nationale de Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. La mesure est présentée comme conservatoire, “sans préjudice des suites de l’enquête judiciaire”, précise la présidente de l’institution.
Cette décision intervient alors que le collaborateur est cité par plusieurs témoins dans le cadre des violences survenues à Lyon la semaine précédente. Pour Yaël Braun-Pivet, la situation pourrait constituer un risque de trouble à l’ordre public au sein même du Palais-Bourbon. Elle souligne toutefois qu’aucune autre sanction ne peut être prise directement par l’Assemblée, rappelant que toute mesure disciplinaire supplémentaire relève du député employeur.
Un nom cité dans une affaire tragique
Jacques-Elie Favrot est évoqué dans le dossier lié aux affrontements qui ont précédé la mort de Quentin, étudiant de 23 ans engagé dans la mouvance nationaliste. Les circonstances exactes de ces violences demeurent à établir, mais elles se seraient déroulées en marge d’une conférence organisée à Sciences Po Lyon par l’eurodéputée LFI Rima Hassan.

Selon plusieurs témoignages, des échauffourées auraient éclaté entre militants d’ultragauche et d’ultradroite. Alice Cordier, présidente du collectif identitaire Némésis, a publiquement désigné Jacques-Elie Favrot parmi les agresseurs présumés. Le collectif affirme que Quentin accompagnait leurs militants afin d’assurer leur sécurité lors d’une action destinée à perturber la conférence.
Un démenti formel et un retrait temporaire
Par la voix de son avocat, Me Bertrand Sayn, Jacques-Elie Favrot a nié toute implication. Il a “démenti formellement être responsable de ce drame”, tout en se disant menacé de mort par des militants d’extrême droite en France et en Europe. Il a annoncé se mettre en retrait de ses fonctions de collaborateur parlementaire pendant la durée de l’enquête, affirmant vouloir se tenir à la disposition de la justice.
Ce retrait volontaire intervient dans un contexte de forte tension politique, où les accusations croisées se multiplient. L’enquête devra déterminer le rôle exact des différents protagonistes et établir les responsabilités dans ces violences qui ont conduit à un décès.

Une émotion nationale et un appel au calme
Dès samedi, Yaël Braun-Pivet avait exprimé sa “profonde émotion” après la mort de Quentin, déclarant qu’“aucun jeune de 23 ans ne devrait mourir”. Elle a appelé à une condamnation unanime de la violence et à un apaisement des tensions. Ce lundi, elle a évoqué des faits “d’une extrême gravité”, soulignant la nécessité de préserver l’ordre républicain.
Le décès du jeune militant a provoqué une onde de choc bien au-delà de Lyon. La classe politique est désormais sommée de réagir face à la radicalisation des affrontements militants, tandis que les débats sur la responsabilité des discours publics et l’escalade des tensions se multiplient.
Une affaire aux répercussions politiques
Au-delà de l’enquête judiciaire, l’affaire exerce une pression croissante sur La France insoumise et ses élus. Plusieurs responsables politiques ont appelé à la retenue et à la responsabilité collective, estimant que le climat de confrontation idéologique nourrit des passages à l’acte violents.










