À l’approche des rassemblements prévus en hommage à Quentin Deranque, le Rassemblement national choisit la prudence.

Dans un courrier adressé à ses cadres, Jordan Bardella appelle à ne pas participer aux marches organisées ce week-end, invoquant des risques de débordements et une cohérence politique revendiquée.
Dans une lettre envoyée ce vendredi 20 février, Jordan Bardella recommande aux responsables locaux du RN de ne pas se rendre aux rassemblements prévus en hommage à l’étudiant nationaliste décédé à Lyon une semaine plus tôt.
Sauf “situation locale très particulière et strictement encadrée”, le président du parti demande de ne pas associer le Rassemblement national à ces événements, estimant que leurs organisateurs sont « multiples » et « incertains ». Il précise également que, selon les informations disponibles, les proches de la victime ne seraient pas à l’origine de ces initiatives.

Refus de côtoyer certains groupes
Dans son message, Jordan Bardella affirme que certains organisateurs seraient liés à l’ultradroite et rechercheraient l’affrontement. Il insiste sur la nécessité de rester cohérent avec la ligne politique du parti, récemment réaffirmée.
Le RN revendique avoir déjà rendu hommage à Quentin Deranque par ses propositions politiques et par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale, marquant ainsi une volonté de dissocier le parti d’éventuels débordements.
Des craintes de troubles à l’ordre public

Le contexte reste particulièrement tendu. Le maire de Lyon a demandé l’annulation de la marche principale prévue dans la ville, évoquant des « risques avérés de troubles à l’ordre public ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a toutefois confirmé sur RTL que le rassemblement serait maintenu, tout en annonçant “un dispositif policier extrêmement important” pour encadrer l’événement.
Selon ses estimations, entre 2 000 et 3 000 personnes issues de l’ultradroite pourraient être présentes.
L’appel au calme de la famille
De leur côté, les parents de Quentin Deranque ont appelé au « calme » et à la « retenue », par la voix de leur avocat, Me Fabien Rajon. Ils ont également dénoncé toute forme d’appel à la violence et précisé qu’ils ne participeraient pas à la marche lyonnaise.
La famille a indiqué ne pas soutenir ce rassemblement, qu’elle considère comme une initiative extérieure à leur volonté, soulignant ainsi le décalage entre les hommages annoncés et leur propre position. En choisissant de ne pas s’associer aux manifestations, le Rassemblement national tente d’éviter toute récupération ou amalgame. Cette posture vise à préserver l’image du parti dans un contexte où les tensions politiques et idéologiques sont exacerbées.










