Elle cultivait la discrétion mais façonnait l’atmosphère de lieux emblématiques.

Béatrice Ardisson, illustratrice sonore et DJ reconnue, s’est éteinte à 62 ans des suites d’un cancer. Derrière les projecteurs de la télévision et de la mode, elle avait imposé une signature musicale singulière, subtile et audacieuse.
Béatrice Ardisson est décédée mercredi 18 février, à son domicile, entourée de ses proches. L’annonce a été faite par ses enfants auprès de l’AFP, précisant qu’elle est partie paisiblement. La musicienne luttait contre un cancer, maladie qui a finalement eu raison d’elle à l’âge de 62 ans.
Cette disparition intervient quelques mois seulement après celle de Thierry Ardisson, son ancien époux, décédé en juillet dernier des suites d’un cancer du foie à 76 ans.
Une figure singulière de la scène musicale

Née Béatrice Loustalan, elle avait conservé le nom d’Ardisson comme nom d’artiste après son mariage avec l’animateur et producteur, dont elle partagea la vie de 1988 à 2010. Mère de trois enfants – Ninon, Manon et Gaston – elle avait su tracer son propre chemin dans l’univers artistique.
Illustratrice sonore, compositrice et DJ, elle a marqué la scène audiovisuelle par un style reconnaissable entre tous, mêlant reprises décalées et arrangements inattendus. Sa sensibilité musicale lui a permis d’imposer une esthétique originale, loin des formats traditionnels.
L’empreinte de “Paris Dernière”
Béatrice Ardisson reste indissociable de l’identité sonore de l’émission Paris Dernière. Elle a signé les huit volumes de la compilation associée au programme, ainsi que de nombreux projets musicaux, dont l’album Patchwork, conçu pour les défilés Christian Lacroix.
Elle expliquait avoir choisi exclusivement des reprises revisitées pour accompagner les travellings accélérés dans les rues de la capitale. Cette approche audacieuse a contribué à créer une atmosphère reconnaissable, entre élégance et décalage, devenue sa marque de fabrique.
Une créatrice d’ambiances prisée

Au-delà de la télévision, Béatrice Ardisson a développé une carrière de DJ et de conceptrice d’ambiances sonores. Elle a collaboré avec des établissements prestigieux en France et à l’international, signant l’identité musicale de lieux emblématiques comme le Fouquet’s, le Kong ou encore des boutiques Louis Vuitton à Paris.
Sa capacité à façonner des univers sonores raffinés lui a valu une reconnaissance discrète mais durable, dans un milieu où la musique participe pleinement à l’expérience esthétique.
Une trajectoire entre ombre et lumière
Si son nom restait souvent associé à celui de Thierry Ardisson, Béatrice Ardisson avait su affirmer une identité artistique autonome. Leur union, longue de vingt-deux ans, avait donné naissance à trois enfants avant leur divorce en 2010.










