Au cœur d’une instruction toujours en cours, les familles des victimes cherchent des réponses.

Derrière les chiffres terribles du drame, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une chaîne de négligences. Le père d’un serveur rescapé accuse désormais frontalement les gérants du Constellation.
Jean-Michel Gilbert, père de Gaëtan, serveur présent le soir de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, exprime une colère intacte. Il reproche aux propriétaires d’avoir tenté, lors de leurs auditions, de faire porter la responsabilité sur des employés afin, selon lui, d’échapper à leurs propres manquements.
Dans le cadre de l’enquête pénale sur l’incendie qui a causé la mort de 40 personnes et fait 116 blessés dans la nuit du Nouvel An, les époux Moretti auraient notamment mis en cause un salarié, accusé d’avoir refermé une porte de service après une livraison de glaçons. Plusieurs victimes ont été retrouvées derrière cette issue, dont Cyane Panine.
Une version contestée par un employé

Contacté, l’employé incriminé – dont le prénom a été modifié – réfute catégoriquement cette version. Il affirme que la porte était déjà fermée une dizaine de minutes avant le départ du feu, et assure que les caméras de surveillance peuvent en attester.
Un témoignage qui rejoint celui de Gaëtan, rapporte son père. Le jeune serveur aurait expliqué n’avoir vu aucune livraison de glaçons ce soir-là, précisant qu’il alimentait lui-même la salle du bas grâce aux machines situées au bar supérieur.
Des images jugées « accablantes »

Autre point qui alimente l’indignation du père : l’état de la mousse acoustique installée au plafond. Des vidéos filmées par Gaëtan quelques semaines avant le drame montrent des plaques de revêtement qui se décollent visiblement, des images que Jean-Michel Gilbert qualifie de « sidérantes ».
Deux semaines avant l’incendie, le 13 décembre, son fils aurait même été sollicité pour aider à recoller « six ou huit » dalles.
« Faire appel à des employés plutôt qu’à des professionnels »
Pour Jean-Michel Gilbert, c’est là un élément clé. Il estime qu’une entreprise spécialisée aurait dû être mandatée pour intervenir sur ces matériaux, plutôt que de demander à de jeunes employés de s’en charger.
« C’est plus simple et moins coûteux d’aller voir des salariés que de faire les choses dans les règles », déplore-t-il, convaincu que ces choix ont pu contribuer au drame. Jacques Moretti a récemment quitté la prison de Sion après avoir versé une caution de 200 000 francs suisses. Lui et son épouse restent toutefois visés par une information judiciaire pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence.










