Le drame survenu à Crans-Montana a brisé des vies en quelques minutes. Parmi les 116 blessés de l’incendie du bar Le Constellation, deux frères français luttent encore contre les séquelles d’une nuit cauchemardesque.

Le témoignage de l’aîné, livré depuis l’hôpital, donne chair à l’horreur vécue et à l’attente insoutenable des familles. Ferdinand et Valentin, deux frères originaires de Versailles, fêtaient le Nouvel An avec des amis au bar Le Constellation, à Crans-Montana. Ce qui devait être une soirée de célébration s’est transformé en tragédie lorsque les flammes ont ravagé l’établissement. L’incendie a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés, plongeant des dizaines de familles dans l’angoisse et l’incompréhension.
Un frère au chevet de l’autre

Depuis le drame, Ferdinand ne quitte plus l’hôpital où son cadet est soigné. Face aux caméras de TF1, le jeune homme, lui-même blessé au cou, raconte l’indicible. Valentin est aujourd’hui plongé dans un coma artificiel, brûlé à près de 40 %, notamment au visage, aux mains et sur une large partie du corps. Les deux frères, habitués de la station suisse, étaient entourés de sept amis ce soir-là.
Les premiers instants de l’incendie
Au moment où le feu s’est déclaré, Ferdinand se trouvait à l’intérieur du bar et filmait l’ambiance de la soirée. Sur ses images, on distingue des serveuses apportant des bouteilles de champagne surmontées de feux de Bengale, éléments qui seraient à l’origine du sinistre selon les premiers éléments de l’enquête. « J’ai vu le plafond commencer à prendre feu », raconte-t-il, décrivant une propagation fulgurante des flammes.
Le retour dans les flammes pour retrouver les siens

Parvenu à sortir une première fois, Ferdinand a pourtant décidé de retourner à l’intérieur pour retrouver son frère et la compagne de celui-ci. La fumée l’aveuglait, ses yeux le brûlaient, mais l’urgence de retrouver ses proches l’a poussé à avancer. À l’extérieur, il croise l’un de ses amis grièvement blessé, le visage en sang, cherchant désespérément Valentin.
« Je ne l’ai pas reconnu »
Lorsque Ferdinand retrouve enfin son petit frère, celui-ci est déjà pris en charge par les secours. Le choc est immense. « Il était très gonflé, ses cils brûlés, ses cheveux complètement crépus », confie-t-il, la voix tremblante. L’émotion affleure lorsqu’il évoque l’état de Valentin et d’Artus, les deux victimes les plus gravement touchées parmi leur groupe d’amis.
Un long combat pour la guérison
Si plusieurs des jeunes présents cette nuit-là sont conscients et hors de danger, les blessures restent lourdes : brûlures profondes, intoxications par les fumées, traumatismes physiques et psychologiques. Pour Ferdinand, l’attente est interminable, rythmée par les nouvelles médicales et l’espoir d’un réveil. Le chemin vers la guérison s’annonce long, pour Valentin comme pour l’ensemble des survivants.










