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20 août 2026

« Consommez plus! », réclame le gouvernement alors que le taux d’épargne des Français atteint 18,8%, un niveau record depuis 45 ans

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Fourmis plus que cigales, ils continuent de mettre de côté à des niveaux record, au détriment, selon Bercy, d’une reprise de la consommation pourtant essentielle à l’économie. Avec un taux d’épargne qui a atteint 18,8 % au premier trimestre 2025, les Français n’ont jamais autant épargné depuis 45 ans, en dehors de la période du Covid. Cette donnée, publiée par l’Insee, illustre un comportement de prudence face à un avenir incertain. Or, cette épargne massive freine mécaniquement la consommation, pourtant moteur traditionnel de la croissance en France. Un constat que le gouvernement n’élude pas : dans la présentation du budget 2026, le Premier ministre François Bayrou évoquait l’espoir d’un reflux de ce taux au profit d’un regain d’achats.

Entre rendements attractifs et peur du lendemain

Plusieurs raisons expliquent cette frénésie d’épargne. D’abord, le retour de taux d’intérêt élevés ces dernières années a rendu l’épargne plus rentable, incitant les détenteurs à conserver leurs gains plutôt qu’à les dépenser. Ensuite, les retraités, dont les pensions ont été revalorisées, ont souvent préféré placer ce revenu supplémentaire plutôt que de consommer davantage.

Enfin, un facteur plus diffus mais puissant pèse sur les comportements : l’incertitude. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, évoque un climat d’anxiété, nationale comme internationale, qui pousse les ménages à se montrer attentistes. Une prudence compréhensible, mais problématique pour une économie reposant fortement sur la consommation intérieure.

Une relance de la consommation difficile à activer

Faut-il freiner l’épargne réglementée pour relancer la consommation ? La question, taboue, ressurgit à chaque inflexion de politique budgétaire. Le taux du Livret A, qui passera de 2,4 % à 1,7 % le 1er août, est vu par certains comme un levier discret pour décourager l’épargne et stimuler la dépense. Mais les services d’Éric Lombard, à Bercy, réfutent toute intention politique. Selon eux, c’est la baisse de l’inflation qui permettra aux Français de consommer davantage, en redonnant de l’air à leur pouvoir d’achat.

L’Insee confirme : la première raison invoquée pour expliquer la faible consommation reste la contrainte budgétaire. Ce n’est qu’en second lieu que l’arbitrage en faveur de l’épargne entre en ligne de compte, et très loin derrière, la volonté de réduire son impact environnemental, motivant surtout les jeunes urbains et les ménages aisés.

Détourner l’épargne vers l’investissement

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