À défaut de relancer massivement la consommation, le gouvernement veut rediriger l’épargne vers l’investissement productif. Cela passe par la promotion de produits plus dynamiques que les livrets traditionnels : l’assurance vie en unités de compte, les placements boursiers ou encore le capital-investissement. Bpifrance, bras armé de l’État, tente notamment de démocratiser ces supports, appuyée par un nouveau label « Finance Europe », lancé en juin.
Les banques et les assureurs, eux aussi, y trouvent leur intérêt. La rémunération élevée de l’épargne réglementée pèse sur leur rentabilité. En soutenant des produits alternatifs, ils jouent un rôle clé dans cette stratégie de redirection de l’épargne vers des usages plus productifs.
Un débat de fond sur le modèle de croissance
Derrière cette bataille de chiffres se cache une interrogation plus profonde sur le modèle économique français. Faut-il, comme le souhaite le gouvernement, recompter sur la consommation pour porter la croissance ? Ou, comme le redoute un dirigeant de banque cité anonymement par l’AFP, est-ce un pari risqué qui risque d’aggraver le déficit commercial, en profitant surtout aux importations ?
Ce dernier plaide pour une croissance fondée non sur la dépense, mais sur la création de valeur via l’investissement. Et selon lui, la France dispose d’un formidable levier avec son épargne abondante, à condition de savoir l’orienter intelligemment.
